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Pour contrer Meta et Apple, Google revient avec le projet Aura, des lunettes connectées qui promettent le meilleur de la réalité augmentée et de la réalité virtuelle

BFM Business Sylvain Trinel
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Dix ans après la fin des Google Glass, l'entreprise de Mountain View s'apprête à proposer trois nouveaux modèles de lunettes connectées. Un secteur riche en promesses, qui pourrait à terme aboutir à l'ère post-smartphone, et sur lequel se positionnent déjà tous les grands de la tech.

Les Ray-Ban de Meta sont un succès et donnent donc beaucoup d'idées aux concurrents. C'est le cas de Google, qui dévoile trois modèles de lunettes connectées que l'entreprise a présenté à la presse américaine.

Le premier modèle, qui avait déjà été aperçu lors de la Google I/O 2025 au printemps dernier, reprend l'idée que l'on se fait d'une paire de lunettes tout en disposant d'un petit écran permettant de consulter rapidement des applications. Google Maps peut ainsi s'afficher au sol pour mieux vous diriger et on peut utiliser Gemini, l'IA de Google, pour poser des questions. On pourra activer le tout via un bouton situé sur la branche de droite. Depuis The Verge a constaté que l'interface a changé par rapport aux premiers essais de Google, avec des éléments visuels plus discrets et reprenant ce qui se fait déjà sur Android.

Un smartphone obligatoire

Il faut dire que cette paire de lunettes nécessite un smartphone à proximité - c'est lui qui se chargera des capacités de calcul pour l'IA comme pour l'affichage de Google Maps par exemple. L'IA toujours pourra par ailleurs "augmenter" votre environnement en ajoutant des effets, par exemple grâce à Nano Banana Pro.

Les effets IA des lunettes connectées de Google
Les effets IA des lunettes connectées de Google © Google

A Android Authority, Google affirme vouloir lancer ce modèle dans le courant de l'année 2026, à un prix encore inconnu.

Dans le même temps, l'entreprise américaine est en train de concevoir deux autres types de lunettes connectées, avec à chaque fois une proposition différente. Le premier laisse les écrans de côté et se repose essentiellement sur Gemini pour vous permettre d'accomplir certaines tâches. La sortie est elle aussi prévue pour 2026.

Le second propose quant à lui deux écrans au lieu d'un, ce qui permet d'agrandir la visibilité des applications qui s'y affichent tout en créant un effet de profondeur. Google affirme travailler encore sur le projet et ne prévoit pas de lancement avant 2027. Dans les deux cas, il faudra néanmoins toujours un smartphone à proximité.

Le projet Aura, le futur des "casques à réalité mixte"

Plus ambitieux encore: le projet Aura. Tout en optant pour le format plus léger, discret et utilisable partout des lunettes, il vient presque concurrencer le Vision Pro d'Apple. La comparaison est difficile tant les deux produits sont différents. Le projet Aura n'est pas un casque, mais il a pour ambition de répondre aux demandes de ceux souhaitant disposer d'un accès à réalité mixte (virtuelle et augmentée) sans l'encombrement d'un casque et avec un champ de vision de 70 degrés.

Le projet "Aura" de Google
Le projet "Aura" de Google © Google

Le monde réel reste visible, mais la partie logicielle est assurée par Android XR (également disponible sur le casque que Google conçoit avec Samsung). On retrouve ainsi les gestes des bras et des doigts, le tout, porté par une puce Snapdragon XR2+. Mais comme pour un casque, ces lunettes nécessitent un boîtier externe - c'est justement là que se trouve la puce de Qualcomm. Pas besoin de smartphone donc, mais un fil sera néanmoins obligatoire.

Le projet Aura doit voir le jour dès 2026, on devrait donc en apprendre davantage à son propos dans les prochains mois. On espère néanmoins qu'en cas de succès, de futures itérations permettront de se passer d'un fil.

L'interface du projet "Aura" de Google
L'interface du projet "Aura" de Google © Google

Les annonces de Google sont loin d'être une surprise: l'entreprise sait qu'Apple prépare ses propres lunettes connectées. A l'instar de Samsung, et face à un Meta bien installé, il convient donc de disposer d'une proposition qui pourrait être en mesure de convaincre des utilisateurs avant que la marque à la pomme ne vienne prendre sa part du gâteau.