Reconnaissance faciale: la police britannique pourra utiliser les photos des permis de conduire

Les policiers britanniques viennent d'obtenir l'accès à 50 millions de photos pour mener à bien leur recherche par reconnaissance faciale. Au Royaume-Uni, une loi a donné accès au fichier regroupant l'ensemble des permis de conduire pour des requêtes de police.
C'est un nouveau projet de loi sur la justice pénale qui introduit cette nouveauté, indique The Guardian. Avec ce texte, les images montrant des personnes non identifiées pourront être comparées à celles figurant sur les permis de conduire britanniques. En cas de correspondance, les autorités récupéreront par ce biais le nom de la personne recherchée.
Mais les contours de l'accès à ce fichier ne sont pas encore détaillés. Le dispositif ne dispose que d'une seule mention au sein du texte de loi. Comme le précise le quotidien britannique, c'est au ministre de l'Intérieur, James Cleverly, de définir les "régulations en matière d'information des conducteurs" lorsque la loi sera adoptée.
"Sans limites claires, ni contrôle indépendant"
Pour l'heure, l'article 21 - censé définir le recours à la reconnaissance faciale - indique que l'accès aux informations sur les conducteurs du fichier des permis de conduire peut se faire "à toutes fins de maintien de l'ordre ou d'application de la loi", assure The Guardian.
Cependant, un porte-parole du ministère de l'Intérieur a indiqué que le projet de loi "ne permet pas l'accès automatique aux dossiers du fichier des permis de conduire". Il a également souligné que: "Tout développement ultérieur fera l'objet d'un examen plus approfondi, comme le public s'y attend."
Avec autant de flou autour de sa mise en application, les experts du domaine regrettent que la mesure soit passée "sous les radars". Pour le professeur Peter Fussey, cette loi ne tient pas compte des récentes études montrant que la technologie a tendance à se tromper, notamment sur les personnes asiatiques et noires. Ce spécialiste s'inquiète du manque de surveillance sur le recours à la reconnaissance faciale.
"Il s'agit d'un nouvel exemple de l'extension de la surveillance par reconnaissance faciale sans limites claires ni contrôle indépendant de son utilisation. (...) Le fait que la police trouve ces technologies utiles ou pratiques n'est pas une justification suffisante pour passer outre les protections légales des droits de l'Homme qu'elle est également tenue de respecter", assure-t-il.
L'Union européenne avait un temps envisagé d'agrandir sa base de données Prüm, relative à la lutte contre la criminalité, avec des photos issues des permis de conduire. Mais comme le rappelle le journal britannique, le projet de fichier biométrique s'était heurté à des atteintes à la liberté personnelle.