Telegram: les requêtes judiciaires en France ont explosé

Une coopération accrue avec la justice? Historiquement, Telegram s'était engagé à ne pas dévoiler d'informations sur ses utilisateurs. Mais depuis, le réseau social a visiblement opéré un virage de taille.
210 requêtes satisfaites
Fin septembre, Pavel Durov, le PDG du réseau social mis en examen par la justice française en raison de nombreuses infractions, a annoncé que la plateforme allait faire davantage d'efforts pour collaborer avec les autorités.
Dans le détail, la messagerie a annoncé qu'elle communiquerait aux autorités les adresses IP ainsi que les numéros de téléphones d'utilisateurs faisant l'objet "d'une demande légale et valide" suite à la violation des règles du réseau social. En d'autres termes, Telegram permettra l'identification de ses utilisateurs par la justice si elle le demande. L'entreprise a également étendu les requêtes judiciaires aux affaires de terrorisme et à des "crimes plus généraux".
Depuis, les demandes judiciaires "valides" de la part des autorités françaises ont explosé. Selon le rapport de transparence de Telegram sur la période de juillet à septembre 2024, la messagerie a donné suite à 210 requêtes formulées par les autorités judiciaires françaises contre seulement 4 au premier trimestre, puis six au deuxième trimestre. Soit une hausse de 5.150%.
"Peu de choses ont changé"
Telegram a ainsi communiqué les adresses IP et/ou les numéros de téléphone de 632 utilisateurs du service au troisième trimestre. Au premier trimestre 2024, seulement 17 utilisateurs étaient concernés.
Toutefois, selon le fondateur de la messagerie, cette coopération accrue avec la justice lors du troisième trimestre n'aurait pas de lien avec les démêlés judiciaires en cours. Les autorités auraient tout simplement "commencé à utiliser les canaux de communication correctement", notamment en utilisant le DSA. "Peu de choses ont changé" sur la politique de modération", ajoute-t-il.
Pourtant, ces chiffres sont à manipuler avec précaution. Contrairement aux affirmations de Pavel Durov, toutes ces demandes n'ont pas forcément été formulées au troisième trimestre 2024. Elles ont pu être faites bien avant le changement de politique de modération de Telegram, et avoir été validée ces derniers mois pour montrer patte blanche aux autorités.