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Des associations déplorent la dégradation des conditions de vie des plus pauvres

BFM Mélanie Rostagnat avec AFP
Un sans-abri dans les rues de Paris

Un sans-abri dans les rues de Paris - Philippe LOPEZ / AFP

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Une trentaine d'associations souligne la baisse du pouvoir d'achat des 10% les plus pauvres.

Un collectif d'une trentaine d'associations s'est alarmé ce lundi des conditions de vie "globalement dégradées" des personnes les plus précaires, un an après le lancement par le gouvernement d'une stratégie de lutte contre la pauvreté.

Selon les associations réunies au sein du collectif Alerte, dont Emmaüs France et la Fondation Abbé Pierre, le pouvoir d'achat des personnes les plus pauvres a diminué "suite à la baisse des APL et à la désindexation des allocations logement et des prestations familiales".

"Cette frange de la population n'a pas bénéficié des mesures sur l'impôt sur le revenu ou la revalorisation de la prime d'activité", mesures prises à la suite du mouvement social des gilets jaunes, a souligné Christophe Devys, président du collectif, lors d'une conférence presse.

Pour lui, ces mesures ont amélioré les conditions de vie des travailleurs modestes, mais en aucun cas celles des chômeurs de longue durée et des bénéficiaires du RSA qui "se sentent exclus de la politique du gouvernement".

Les associations déplorent un manque de cohérence

De son côté, Claire Hédon, présidente d'ATD Quart Monde, a déploré le fait que la réforme de l'assurance chômage "va mettre des gens dans la pauvreté", pointant du doigt le "durcissement de l'accès au chômage".

Par ailleurs, elle souhaite une évolution des politiques publiques vers les "10% les plus pauvres" de la population. Depuis deux ans, "nous n'avons pas vu de gestes qui s'adressent à eux directement", ajoute-t-elle, tout en prônant un "objectif de dé-stigmatisation". 

Les associations, qui s'interrogent sur la "cohérence" de la politique du gouvernement pour lutter contre la pauvreté, demandent des "engagements forts" pour les plus précaires comme la revalorisation du RSA ou des mesures d'urgence pour le logement, avant la mise en oeuvre du revenu universel d'activité en 2023. 

8,8 millions de pauvres en France

La "stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté", initiée le 13 septembre 2018 et dotée de 8,5 milliards d'euros, est néanmoins saluée par les associations qui y voient malgré tout une "mesure positive".

La France comptait en 2016 quelque 8,8 millions de personnes pauvres, soit 14% de la population, selon l'Insee.