Pourquoi a-t-on plus d'accidents cardiovasculaires pendant les fêtes de fin d'année?
Un médecin. (Photo d'illustration) - orzalaga - Pixabay
Si les fêtes de fin d'année représentent souvent un moment de joie et de partage en famille, elles sont aussi un moment à risque pour la santé cardiovasculaire. Car c'est un fait: davantage de personnes meurent d'une crise cardiaque lors de la dernière semaine de décembre que durant le reste de l'année, assure l'American Heart Association, un organisme de référence sur le sujet.
Selon une étude publiée dans la revue de cette association américaine, le 25 décembre est même le jour de l'année le plus meurtrier en termes d'accidents cardiaques, suivi du 26 décembre et du 1er janvier.
Une autre étude britannique relayée par l'association pointe l'augmentation des crises cardiaques de l'ordre de 37% le 24 décembre avec un pic à 22 heures et le plus souvent chez les personnes âgées de plus de 75 ans, celles atteintes de diabète ou avec des antécédents cardiovasculaires.
Si ce type de données n'est pas disponible en France, "ce qui est certain, c'est que dans les pays où il fait froid, il y a une augmentation de la mortalité cardiovasculaire", abonde pour BFMTV.com Marc Villaceque, président du conseil national professionnel cardiovasculaire.
Le ministère de la Santé explique que le froid induit "une vasoconstriction, une augmentation de la pression artérielle et une hémoconcentration qui peuvent aboutir à une rupture des plaques d'athérome" (des dépôts progressifs de cholestérol sur les cellules musculaires des artères qui obstruent le passage du sang et l'apport en oxygène) et favoriser la thrombose artérielle.
Tabac, sédentarité, cholestérol
Comment expliquer cette hause des accidents cardiovasculaires en particulier au moment des fêtes de fin d'année? Les voyages, les horaires perturbés et les changements d'habitues de vie mais aussi le stress de l'organisation de la fête, de la préparation des repas et des retrouvailles avec des membres de sa famille parfois tendues. "Les fêtes de fin d'années peuvent être compliquées", explique le cardiologue Marc Villaceque.
"Ces moments peuvent représenter un stress financier, émotionnel mais aussi familial. En plus le contexte politique actuel n'aide pas."
Sans compter les excès associés aux repas de fêtes. "On mange plus gras, plus salé, plus sucré et on boit aussi plus d'alcool", met en garde le cardiologue. Un cocktail peu apprécié par l'organisme.
"Le sel retient l'eau, ce qui peut augmenter la tension ou être à l'origine de décompensation cardiaque. L'alcool peut créer des arythmies, des irrégularités du cœur. C'est d'autant plus vrai si le patient est âgé ou déjà cardiaque."
Pour rappel, les six principaux facteurs de risques cardiovasculaires sont le tabac, la sédentarité, l'excès de cholestérol, le diabète, l'hypertension artérielle et le stress.
Première cause de mortalité chez les femmes
Si le cardiologue Marc Villaceque recommande ainsi de limiter les excès alimentaires et de modérer la consommation d'alcool, il appelle à ne surtout pas se négliger et à s'écouter. Poursuivre son traitement pour ceux et celles qui doivent prendre des médicaments et consulter en cas de symptômes.
"Pendant les fêtes, on a tendance à reporter le moment d'aller consulter, à ne pas écouter ses symptômes", regrette Marc Villaceque. "En particulier les femmes pour qui cette période est souvent intense. En plus leur symptomatologie est plus atypique, avec une douleur parfois moins forte dans la poitrine ou qu'elles ont tendance à minimiser."
Les maladies cardiovasculaires représentent pourtant la première cause de mortalité chez les femmes. "Il ne faut pas négliger les symptômes en se disant que ça va perturber la fête", ajoute Marc Villaceque.
Si l'American Heart Association conseille de conserver une activité physique -soit 150 minutes par semaine- Marc Villaceque appelle à la prudence. "On ne se remet pas au sport le 1er janvier en ayant fait des excès les jours précédents, sans s'être entraîné et dans le froid. Cela demanderait trop d'effort au cœur."
La règle: si l'on sort dans le froid, on se couvre et on modère ses efforts. "On évite par exemple de sortir en courant à minuit pour aller chercher des cadeaux lourds dans le coffre sans se vêtir chaudement."
"Les accidents cardiaques, ce sont souvent de petits facteurs qui s'additionnent."
Chaque année, en France, quelque 120.000 personnes sont touchées par un infarctus du myocarde, selon la Fédération française de cardiologie. Des infarctus à l'origine de 40.000 décès. Pour rappel, les maladies cardiovasculaires sont responsables de 400 morts chaque jour.
En cas de douleur à la poitrine, de palpitations, de troubles de la vue ou de la parole, de faiblesse musculaire dans un bras ou une jambe ou d'essoufflement inhabituel, appeler le 15 ou le 112 dans un pays membre de l'Union européenne, même si les symptômes s'améliorent en quelques minutes.











