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Draguignan: les urgences de nuit du centre hospitalier suspendues, sauf urgences vitales

BFM Florian Bouhot , Journaliste BFM Régions
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Faute d'effectifs suffisants, la direction a basculé le service en mode dégradé jusqu'à nouvel ordre. D'autres établissements sont confrontés à des problématiques similaires.

Colère et dépit se mêlent à l'épuisement. Des salariés des urgences du Centre hospitalier de la Dracénie, à Draguignan, dans le Var, étaient en grève vendredi. Ils dénoncent la suspension de leur service chaque soir, à partir de 20h30, sauf urgences vitales, et ce jusqu'à nouvel ordre.

"Entre l'urgence vitale et la consultation médicale, en dehors des horaires de cabinet en ville, tous les patients seront réorientés vers nos partenaires hospitaliers des autres hôpitaux du Var", a indiqué Caroline Chassin, directrice du Centre hospitalier de la Dracénie, sur notre antenne.

Les Services mobiles d'urgence et de réanimation (Smur) continuent eux aussi à fonctionner, à l'instar des services psychiatriques et de maternité.

Ce passage à un mode dégradé a pour cause un manque d'effectifs. Sur les 18 médecins nécessaires, six seulement assurent le fonctionnement du service. Une situation que les salariés dénoncent depuis des mois.

"Ils font en moyenne 70h par semaine"

"Nous sommes en permanence en effectifs diminués et, en plus, nous avons des soignants qui se découragent au bout d'un certain temps", souligne Pauline Vignoles, vice-présidente de la Commission médicale d'établissement. "L'activité ne leur permet plus un confort de travail correct. Ils font en moyenne 70 heures par semaine. On ne peut pas faire à six ce qu'on doit faire à 18."

L'intéressée estime que l'état des lieux dressé à l'hôpital de Draguignan est transposable au reste du pays, dans les "petits hôpitaux comme dans les gros, et ne touche pas que les urgences".

À Givors (Rhône), par exemple, la direction du centre hospitalier a pris une décision identique. À Douai (Nord), les urgences pédiatriques ont adopté un mode de fonctionnement dégradé depuis la mi-septembre.

Des déprogrammations faute de place

"La question du secteur hospitalier et de l'offre publique de soin est extrêmement menacée", soutient Pauline Vignoles. "Tout ça, nos tutelles le savent, nos élus le savent. Mais nous n'arrivons pas à obtenir d'eux à organiser des filières de soin pour que les médecins puissent travailler."

Depuis la publication d'un avis du Conseil scientifique, plusieurs hôpitaux ont alerté sur la pénurie de lits, mais surtout de soignants, en France. "Des enfants en situation d'urgence ne peuvent plus être pris en charge par les services compétents", dénonçait jeudi le Collectif Inter-Hôpitaux (CIH), parlant de "tri" et de "perte de chance", dans les services de pédiatrie. D'autres établissements ont alerté sur les déprogrammations de soins auxquelles ils étaient contraints, faute de place.