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DOCUMENT BFMTV. "On a vu valser les milliards": Édouard Philippe déplore un budget à la cohérence "mystérieuse, voire inexistante"

BFM Hugo Capelli avec Juliette Brossault
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Dans une interview accordée à BFMTV, le président d'Horizons, Édouard Philippe, juge que le projet de budget de l'État 2026, actuellement sur la table des députés, est incohérent.

Édouard Philippe est circonspect. Le maire du Havre juge "improbable" que le groupe Horizons à l'Assemblée nationale vote en "l'état actuel" le projet de budget de l'État 2026, actuellement examiné par les députés en première lecture.

"Les discussions parlementaires donnent lieu à un projet de loi de finance dont je ne vois pas qui est susceptible de le voter aujourd’hui", souligne-t-il ce mardi 18 novembre dans une interview accordée à BFMTV lors du salon des maires à Paris. "Certains ont obtenu ce qu’ils voulaient sur une mesure, mais à la fin, la cohérence du texte est mystérieuse, voire inexistante", abonde le candidat à la présidentielle de 2027.

Édouard Philippe regrette avoir vu "valser les milliards, les taxes, les suspensions". "Certains ont voulu défaire ce qui avait été fait. Aujourd’hui, la situation est peu claire, j’attends de voir comment la discussion budgétaire se terminera mais je ne suis pas très optimiste sur son issue", déclare le président d'Horizons après avoir eu "une réunion amicale" avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, "un ami qui doit faire face à une situation politique délicate".

"J’espère qu‘un budget acceptable sera présenté, mais je n’en suis pas sûr, et je ne sais pas ce qu’il se passera ensuite", se questionne-t-il.

"La réforme des retraites n’était pas parfaite, mais au moins elle assumait quelque chose"

Par ailleurs, Édouard Philippe déplore que l'adoption par l'Assemblée nationale le 12 novembre dernier de la suspension de la réforme des retraites jusqu'à janvier 2028 - dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale - "ne dise pas la vérité aux Français".

"Regarder, décaler, suspendre, je ne sais pas quel est le bon terme, mais au fond c’est se faire plaisir pendant quelques mois en disant on ne veut pas assumer ça", étaye-t-il rappelant que son groupe a voté contre.

"La réforme des retraites n’était pas parfaite, mais au moins elle assumait quelque chose, pas populaire, mais qui va dans le sens de ce que font les autres pays d’Europe", ajoute l'ancien Premier ministre.

Un vote compromis?

Édouard Philippe et le groupe Horizons ne sont pas les seuls à critiquer sévèrement la version actuelle du projet de budget de l'État. Les autres groupes du socle commun, Ensemble pour la République, le Modem et la Droite républicaine, soulignent également "l'insincérité de certaines mesures".

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Si ces groupes ont affirmé vouloir "un compromis" lors de la navette parlementaire, ils devraient donc osciller entre abstentions et vote contre sur la partie recettes à l'Assemblée nationale d'ici à dimanche. À ce stade, l'Assemblée doit encore écluser plus d'un millier d'amendements sur cette partie recettes.

Le gouvernement a d'ores et déjà acté qu'un vote sur les dépenses ne serait pas possible mais un vote sur cette première partie est encore envisageable. Si ce n'est pas le cas, le gouvernement pourra alors envoyer tout le texte au Sénat sans vote, avec les amendements adoptés. En cas de rejet, hypothèse extrêmement probable puisque ni les oppositions ni la majorité ne s'y retrouvent, c'est le texte initial du gouvernement qui irait au Sénat.