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Marine Le Pen sèche un vote sur le renforcement des contrôles aux frontières de Schengen

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Frédéric Chatillon

Frédéric Chatillon - BFMTV

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La présidente du Front national n'a pas pris part au vote, ce jeudi au Parlement européen, d'un texte portant sur le renforcement des contrôles aux frontières de l'espace Schengen. La porosité présumée de ce dernier est pourtant régulièrement dénoncée par ce parti.

Pour le Front national, les frontières seront hexagonales, sinon rien. C’est un peu le message que délivre l’absence de Marine Le Pen au vote du Parlement européen concernant les renforcements des contrôles aux frontières de l’espace Schengen. Ce jeudi, les eurodéputés ont en effet décidé de rendre obligatoire les contrôles d’identité des individus franchissant les limites extérieures de l’Union européenne. La vocation de cette décision est très claire. Cette disposition est censée contribuer à parer à la menace jihadiste sur le sol du Vieux continent.

Le FN s'en prend régulièrement aux accords de Schengen

La porosité des frontières au sein de l’espace européen avait été vivement critiquée après l’attentat commis par Anis Amri à Berlin en décembre dernier. Plus précisément sa mort en Italie, consécutive à un détour par la France, après sa fuite hors d’Allemagne, avait interrogé. En France, le Front national s’était montré particulièrement véhément sur ce point:

"Mettons fin à cette passoire qu’est l’Europe de Schengen", avait à l’époque déclaré Florian Philippot, vice-président du parti. Il avait d’ailleurs renchéri quelques jours plus tard en qualifiant Schengen de "rêve pour les jihadistes".

La candidate à la présidentielle était bien entendu sur la même ligne. Dans un communiqué, Marine Le Pen écrivait alors: "Cette escapade dans deux ou trois pays a minima est symptomatique de la catastrophe sécuritaire totale que représente l’espace Schengen."

Elle rappelait ensuite la solution préconisée par sa famille politique. Pas question ici de contrôle aux limites de l’espace Schengen mais de procéder à ces examens d’identités préliminaires aux abords de la France: "Je réitère l’engagement de redonner à la France la pleine maîtrise de sa souveraineté, de ses frontières nationales et de mettre fin en conséquence aux accords de Schengen."

Des votes surprenants

Le site Lelab d’Europe 1 a dévoilé le détail des votes des parlementaires européens autour de ce texte. On relève que certains représentants du Front national ont préféré s’abstenir et que Gilles Lebreton, l’un d’entre eux, a même choisi de voter contre. La face de l’Histoire n’en a pas été changée: la mesure a été validée par l’institution avec 469 voix en sa faveur, 120 en sa défaveur et 42 abstentions.