Loi Travail: quand la pluie vient au secours du gouvernement

François Hollande, le 8 mai 2013. - BERTRAND LANGLOIS / POOL / AFP
"Gouverner, c'est pleuvoir". En avril 2013, François Hollande s'amusait de la pluie qui a accompagné son début de mandat. Trois ans plus tard, le président de la République pourrait remercier les nuages menaçants dans le ciel français. En effet, la pluie pourrait réduire l'envie de certains indécis à battre le pavé en ce jour de manifestation contre le projet de loi Travail.
Dans Le Parisien, un conseiller de François Hollande semble déjà voir la météo comme une bon présage. "La pluie est attendue et, ça, c'est déjà une bonne nouvelle", glisse un proche selon le quotidien.
Côté météo, effectivement, le temps est "très perturbé cet après-midi", communique Météo France. Un temps gris, pluvieux et venteux, avec des rafales entre 60 et 70km/h, est prévu sur le bassin parisien, mais également dans tout le nord du pays, ainsi qu'en Auvergne et dans le midi toulousain. Les températures doivent être fraîches pour la saison, souvent 3 degrés sous les normales. De quoi décourager certains opposants aux projets du gouvernement.
Un début de quinquennat sous la pluie
Une chance pour le chef de l'Etat? Contacté par BFMTV.com, Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français, estime de son côté que "la pluie ne bouleverse en rien la mobilisation, notamment des lycéens". Il note que "François Hollande a commencé son quinquennat en remontant les Champs-Elysées sous la pluie, il le termine en espérant que cette pluie puisse freiner la mobilisation de la jeunesse". "Qui devait être la grande priorité du mandat", rappelle l'élu de Pau.
"On avait un peu peur ce matin mais la pluie s’est arrêtée", se rassure un membre du MJS, qui admet tout de même que ce "n’est pas la meilleure configuration." "De toute façon c’est un tour de chauffe avant le 31 mars. Mais ce matin ça a plutôt bien pris dans les lycées et les facs, on est contents".
Ce mercredi matin, des lycéens étaient tout de même présents place de la Nation, à Paris, sous des parapluies. Avec une mobilisation visiblement modérée. Comme dans d'autres villes en région, comme à Brest ou Arras. Dans d'autres villes, comme Tours, les manifestants ont pu profiter d'un ciel dégagé.
Sur les réseaux sociaux, des journalistes du Monde, du Figaro ou encore du Journal du dimanche notent l'ironie de la situation et l'opportunité potentielle pour le chef de l'Etat.
De fait, de nombreuses séquences du quinquennat ont été marquées par une météo capricieuse pour le président de la République. Dès le départ, avec la remontée des Champs-Elysées, après son investiture, où une pluie intense s'est abattue sur le cortège présidentielle. Mais également lors de son voyage à Mayotte, à l'étranger en visite au Maroc, lors du 68e anniversaire du Débarquement ou, image restée célèbre, lors de l'hommage à la Résistance sur l'ile de Sein.
Pour ce 9 mars, le résultat tombera en fin de journée, avec la traditionnelle guerre des chiffres entre la police et les organisateurs. Du côté des lycées, la mobilisation n'est, pour le moment, pas renversante. Selon le principal syndicat des lycéens, l'UNL, neuf lycées parisiens sont bloqués.
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