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Le gouvernement tunisien parle de huit tués en 24 heures

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par Tarek Amara TUNIS (Reuters) - Huit civils ont été tués dans des affrontements avec les forces de police dans deux villes de province, Thala et...

par Tarek Amara

TUNIS (Reuters) - Huit civils ont été tués dans des affrontements avec les forces de police dans deux villes de province, Thala et Kasserine, au cours des dernières 24 heures, a fait savoir dimanche le gouvernement tunisien.

Des témoins ont parlé de trois autres morts dans des troubles dimanche à Rgeb, autre ville de province, située à 210 km à l'ouest de Tunis, mais cette information n'a pas été confirmée par les autorités.

La Tunisie connaît depuis la fin décembre une rare agitation sociale, les jeunes dénonçant la pénurie d'emplois. Le président Zine al Abidine Ben Ali a déclaré que les manifestations violentes étaient inacceptables et le gouvernement les a imputées à une minorité d'extrémistes.

Une figure de l'opposition, Nejib Chebbi, fondateur du parti PDP, a invité le président Ben Ali à décréter un "cessez-le-feu" pour éviter que le sang ne continue à couler et pour respecter le droit de la population à manifester pacifiquement.

Le PDP (Parti démocratique progressiste) de Chebbi ne contrôle aucun siège au parlement mais certains diplomates occidentaux voient en son chef le dirigeant le plus crédible d'une opposition faible et divisée.

Le gouvernement avait déjà publié un communiqué disant que deux personnes avaient péri dans les troubles à Thala, à 200 km au sud-ouest de Tunis, non loin de la frontière avec l'Algérie.

Dans un nouveau communiqué, publié dimanche, il indique que trois autres personnes sont décédées de leurs blessures à Thala et que trois autres sont mortes dans des troubles dimanche à Kasserine, chef-lieu du gouvernorat dont fait partie Thala.

Selon le gouvernement, les manifestants de Thala ont lancé des pierres et des cocktails molotov sur les policiers.

DES VÉHICULES MILITAIRES À THALA?

Le gouvernement indique que les policiers ont agi en état de légitime défense.

"Plusieurs bâtiments officiels à Kasserine ont été attaqués par des groupes qui ont mis le feu et ont détruit trois banques, un poste de police et une station-service, et mis le feu aussi à un véhicule de police", lit-on dans le communiqué du gouvernement.

Chokri Hayouni, témoin des troubles à Kasserine, a déclaré à Reuters par téléphone : "Des jeunes gens lancent des pierres et des cocktails Molotov et les policiers ouvrent le feu un peu partout dans les rues de Kasserine".

Deux témoins présents à Rgeb ont déclaré que trois personnes, dont une femme, avaient été tuées dimanche dans des heurts avec les forces de police dans cette ville.

"J'ai vu trois cadavres, de mes propres yeux", a déclaré à Reuters l'un des témoins, le syndicaliste Kamel Abidi.

Les autorités ne répondaient pas aux appels de Reuters pour tenter d'obtenir confirmation sur les bilans. De même, les médecins de l'hôpital de Rgeb refusaient de répondre aux questions.

Au moins six habitants de Thala, joints par Reuters au téléphone, ont indiqué avoir vu plusieurs véhicules militaires pénétrer dans la ville samedi soir. Il s'agit de la première information faisant état d'une intervention de l'armée aux côtés de la police pour mettre un terme aux émeutes. Aucun membre du gouvernement n'était joignable dimanche pour commenter cette information.

Les autorités tunisiennes assurent que la police n'utilise la force qu'en cas de nécessité pour empêcher les protestataires de mettre des vies en danger ou de saccager des bâtiments gouvernementaux.

Les Etats-Unis ont annoncé vendredi avoir convoqué l'ambassadeur de Tunisie à Washington pour faire part de leurs préoccupations concernant la situation dans le pays.

Marine Pennetier et Eric Faye pour le service français