Marine Le Pen demande à Élisabeth Borne de dissoudre les "groupuscules extrémistes"

Marine Le Pen le 15 décembre 2022 à Matignon - ALAIN JOCARD / AFP
Une demande en bonne et due forme à Matignon. Marine Le Pen s'est fendue d'une lettre ce week-end à destination d'Élisabeth Borne pour l'enjoindre de "dissoudre" "les groupuscules extrémistes".
Ce courrier arrive sur le bureau de la Première ministre alors que la soirée de la demi-finale entre le Maroc et la France a été marquée par des rassemblements de militants d'extrême droite.
Viser l'extrême gauche et l'extrême droite
"Depuis de nombreuses années, notre pays est confronté à de multiples violences, émanant notamment de groupuscules extrémistes, sans compter leur prosélytisme idéologique", peut-on y lire.
La missive, co-signée par Jean-Philippe Tanguy, l'une des figures montantes du parti à l'Assemblée nationale, ne cite précisement aucun événement. Ce qui permet au mouvement de viser d'abord les groupuscules d'extrême gauche "qui pourrissent depuis des années les mouvements sociaux", avance l'entourage de Marine Le Pen auprès de BFMTV.
Une note du service central du renseignement territorial, révélée par Le Parisien, s'inquiète ainsi de "l'appropriation par les black blocs de la lutte écologiste". Une centaine d'actions violentes ont été décomptées en 2022, du sabotage de chantiers à des incendies volontaires d'antenne relais.
Des "ratonnades"
Mais la missive du Rassemblement national vise aussi à montrer que le mouvement s'oppose vivement au regain des groupuscules d'extrême droite ces dernières années.
La demi-finale entre le Maroc et la France le 14 décembre dernier a été émaillée par de nombreux incidents, de Nice à Montpellier en passant par Lyon, qualifiés de "ratonnades" par la gauche.
À Paris, une quarantaine de militants ont été interpellés, parfois munis de couteaux, dont parmi eux Marc de Caqueray, le fondateur des Zouaves Paris. Ce groupuscule, désormais dissous, comptait dans ses rangs plusieurs personnes mises en cause lors du meeting d'Éric Zemmour en décembre 2021 pour avoir tabassé des militants de SOS Racisme.
"Les idiots utiles du pouvoir"
Plusieurs projets d’actions violentes de petits groupes d’ultradroite, visant notamment des personnalités politiques, ont été déjoués ces dernières années. Des membres présumés des Barjols, groupe proche des identitaires, ont été mis en examen entre 2018 et 2022, soupçonnés d’avoir envisagé une attaque contre Emmanuel Macron.
Pas question donc pour la patronne du Rassemblement national, qui vise à se notabiliser en s'appuysant sur ses 88 députés à l'Assemblée nationale, d'être assimilée à ces mouvements.
"Les groupuscules sont les idiots utiles du pouvoir qui les utilise pour pourrir le débat par leurs violences", explique encore un proche de Marine Le Pen.
Mise sous surveillance des réseaux d'ultradroite
"Ces méfaits doivent systématiquement faire l'objet d'une réponse pénale à la hauteur. Les auteurs de ces délits et parfois de ces crimes doivent être sèvèrement condamnés, puis, au terme de leur peine, faire l'objet de contrôle afin d'éviter toute récidive", avance encore la lettre à Élisabeth Borne.
L'exécutif semble prendre au sérieux le phénomène. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait demandé pour la finale de la Coupe du monde un suivi spécifique des des réseaux d'ultradroite. De son côté, la Nupes a réclamé début novembre la création d'une commission d'enquête pour "surveiller les groupuscules d'extrême droite", pointant l'apparition de groupes "identitaires et néonazis".











