Dîners clandestins: M6 persiste sur la présence de ministres, le gouvernement continue de nier

Une question agite depuis plusieurs jours les sphères médiatique et politique. Des membres du gouvernement ont-ils participé à des dîners dans des restaurants clandestins?
Dans un reportage diffusé vendredi, M6 a révélé l'existence d'un "restaurant clandestin situé dans les beaux quartiers". L'un des organisateurs déclare, un premier temps de manière anonyme, avoir "dîné cette semaine dans deux ou trois restaurants qui sont soi-disant des restos clandestins, avec un certain nombre de ministres."
Le collectionneur Pierre-Jean Chalençon a ensuite confirmé dimanche, dans un communiqué, être la personne derrière ce témoignage. Mardi, sur BFMTV, il a assuré que ses propos tenus dans le reportage étaient "un énorme poisson d'avril" et qu'il "n'organise pas de dîners, ni de soirées."
M6 maintient ses informations
Mais la chaîne privée maintient les informations diffusées dans son reportage. Dans un communiqué publié mardi, la Société des journalistes (SDJ) de M6 a réagi aux propos tenus par le propriétaire du palais Vivienne sur notre antenne. Elle a tout d'abord assuré que "le travail de [ses] journalistes a été effectué avec rigueur et dans le parfait respect des règles déontologiques".
Concernant la présence de ministres à des dîners clandestins, elle a affirmé que "d'autres sources (...) en off" ont confirmé aux journalistes de la chaîne "la présence d'au moins un membre du gouvernement à un de ces dîners", ajoutant poursuivre les "investigations à ce sujet."
Le gouvernement nie
Comme d'autres membres du gouvernement, la ministre déléguée au Logement Emmanuelle Wargon a martelé mardi soir sur France Info, ne pas croire à cette information, malgré le communiqué de M6.
"Je connais mes collègues, (...) je ne crois pas qu'un membre du gouvernement soit allé dîner dans un restaurant clandestin durant cette période. Nous sommes conscients des efforts que nous demandons aux Français. Nous respectons les règles et c'est bien normal, c'est l'exemplarité qu'on attend de nous", a-t-elle assuré.
L'ancienne directrice de la communication de Danone a estimé qu'il s'agissait "pour l'instant" d'une "rumeur" et qu'il n'y avait "pas d'information".
"Soit cette information sort, soit on passe à autre chose. Je pense que le pays a besoin plutôt de se mobiliser dans cette dernière ligne droite, dans ces quatre dernières semaines. Donc fermons ces restaurants s'ils existent, sanctionnons ce qu'il y a à sanctionner. En ce qui nous concerne, on est au travail et on est concentrés sur ce travail", a-t-elle conclu.
Avant elle, Marlène Schiappa, Bruno Le Maire, Clément Beaune ou encore Gabriel Attal ont eux aussi nié la présence de membres du gouvernement dans des dîners clandestins. Alors que le nom du porte-parole du gouvernementcirculait sur les réseaux sociaux, la ministre chargée de la Citoyenneté a indiqué sur France Info mardi matin qu'il y avait bien eu "invitation" mais que Gabriel Attal l'avait refusée "fermement".
"On ne peut pas être certain à 100%"
Entre la défense de la SDJ de M6 et les dénégations du gouvernement, le doute semble néanmoins s'installer. "On ne peut pas être certain à 100%, mais j'ai du mal à y croire. Ce serait tellement con qu'un ministre participe à ces dîners que ça me parait dingue", a ainsi souligné un ministre auprès de BFMTV.
"Même si aucun ministre n'a participé à aucun dîner dans aucun restaurant de France, il est impossible de le prouver. C'est la perversité de la rumeur. Un ministre me faisait référence à ce qui se passait ces dernières années aux Etats-Unis, où des mensonges affirmés ont rendu la frontière entre le vrai et le mensonge floue. Plus vous démentez un mensonge, plus les gens qui ont envie d'y croire y voient le signe qu'on veut leur cacher la vérité", a décrypté ce mercredi Philippe Corbé, chef du service politique de BFMTV.
Une enquête a été ouverte dimanche des chefs de "mise en danger de la vie d'autrui" et de "travail dissimulé", afin de "vérifier si des soirées ont été organisées en méconnaissance des règles sanitaires et de déterminer quels en ont été les éventuels organisateurs et participants", a déclaré le procureur de la République de Paris Rémy Heitz.












