Policiers tués: qui sont les deux proches de Larossi Abballa mis en examen?

A ce stade, les juges n'établissent pas une complicité directe de Charaf-Din Aberouz et Saad Rajraji dans l'assassinat des deux policiers à Magnanville. Les deux hommes ont été mis en examen des chefs d'"association de malfaiteurs terroriste". Comme l'avait requis le parquet, ces deux proches de Larossi Abballa, tueur présumé de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, ont été placés en détention provisoire.
Cinq jours après ce terrible assassinat qui a crée une vive émotion nau sein des forces de l'ordre et qui a ravivé le spectre de la menace terroriste en France, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire, notamment pour "assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique (...) et complicité" et "séquestration (...) d'un mineur de moins de 15 ans", en lien avec une entreprise "terroriste".
Deux "émirs" d'une filière jihadiste
Au cours des quelques 96 heures de garde à vue, Charaf-Din Aberouz et Saad Rajraji, ainsi qu'un troisième homme - pas poursuivi - ont assuré condamner le double assassinat de Magnanville. L'un explique adhérer aux thèses de Daesh, il assure ne pas soutenir le jihad armé. L'autre a dénoncé les meurtres des deux policiers et les attentats du 13 novembre.
Charaf-Din Aberouz et Saad Rajraji, âgés respectivement de 29 et 27 ans, deux vielles connaissances de Larossi Abballa, ont été condamnés en septembre 2013 dans le cadre d'une affaire de filière jihadiste entre la France et le Pakistan. Le premier est reconnu comme "un émir" de cette filière d'envoi vers le Waziristan pour rejoindre al-Qaïda. Arrêté en janvier 2011 au Pakistan et il avait été renvoyé en France.
En 2013, Charaf-Din Aberouz est condamné à cinq ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris. Il avait été libéré le 12 novembre 2015 "au motif d’une réduction conditionnelle de peine", détaille Le Point. L'homme est pourtant loin d'être un détenu modèle. Signalé comme radicalisé, il se comportait comme un "recruteur", jusqu'à organiser un rassemblement de 40 prisonniers lors d'une promenade pour promouvoir l'Islam.
Des voisins
Saad Rajraji était également considéré comme un lieutenant de cette filière jihadiste. Chez lui, une liste avec des noms de policiers, leur fonction et leur adresses professionnelles a été découverte lors des perquisitions après le double meurtre de Magnanville. A l'inverse, Larossi abballa était apparu comme un suiveur lors de ce procès. "Il y avait un type assez charismatique qui avait recruté plusieurs personnes, dont Larossi Abballa, qui faisait office un peu d'homme à tout faire, rapporte Me Hervé Dubois, avocat de l'un des prévenus. Il n'avait pas un rôle prépondérant, plus d'exécutant."
Larossi Abballa a lui été condamné en septembre 2013 à trois ans de prison, une peine couverte par sa détention provisoire. Ce dernier retourne s'installer à Mantes-la-Jolie et cré une entreprise de livraison de sandwichs. Non loin de là résident également Charaf-Din Aberouz et Saad Rajraji, rapporte France Info. Ces derniers mois, le tueur présumé de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider était placé sur écoute mais n'avait rien donné.











