Dispositif de sécurité, vote à bulletin secret... Comment va se dérouler le verdict dans le procès des viols de Mazan

Rarement une décision de justice aura été autant attendue et autant scrutée. La cour criminelle du Vaucluse, qui juge depuis quinze semaines Dominique Pelicot et 50 autres hommes pour le viol de Gisèle Pelicot, va rendre son verdict ce jeudi 19 décembre à partir de 9h30. Les avocats généraux avaient demandé que des peines de 4 à 20 ans de prison soient prononcées à l'encontre de ces hommes, jugés pour la quasi-totalité pour viols aggravés.
Depuis lundi midi, les cinq magistrats qui composent cette cour criminelle se sont retirés pour délibérer et se prononcer sur la culpabilité de Dominique Pelicot, jugé pour avoir soumis chimiquement son épouse pendant près d'une décennie, pour l'avoir violée et pour avoir recruté des hommes pour venir la violer alors qu'elle était inconsciente. 49 de ses co-accusés sont jugés pour viol ou tentative de viol et le dernier pour agression sexuelle.
La peine de Dominique Pelicot connue en premier
À partir de 9h30, le président de la cour criminelle, Roger Arata, va lire la décision pour chacun de ces 51 hommes. L'accusé est-il coupable ou non coupable? Quelles sont les motivations de la cour? Quelle est la peine prononcée? Le vote s'est fait à bulletin secret, la majorité l'emportant tant sur la culpabilité que sur la peine. Avant de partir délibérer, le président avait lu les textes rappelant que la loi "ne leur fait que cette seule question": "Avez-vous une intime conviction?"
Lundi, le magistrat avait également indiqué que sa formation collégiale répondrait des questions complémentaires ou subsidiaires. La question de l'altération du discernement a notamment été soulevée par les avocats de la défense pour une trentaine d'accusés - ils plaident que leurs clients, manipulés par Dominique Pelicot, n'auraient pas eu conscience de commettre un viol. Si cette notion était retenue par la cour, cela pourrait jouer sur les peines prononcées en cas de culpabilité.
Chaque accusé va être invité à se lever, pour ceux dans le box, et à se présenter à la barre pour ceux qui comparaissent libre, pour entendre la décision de la cour. Dominique Pelicot devrait être le premier appelé.
Les accusés menottés après le verdict?
Si une décision de culpabilité est prise, et qu'une peine est prononcée, une escorte composée de deux policiers viendra menotter le condamné, avant de le faire sortir de la salle par une porte conduisant aux geôles du tribunal et de l'emmener ensuite en détention.
Le président de la cour a demandé à ces 32 accusés qui comparaissent libre de se présenter devant le tribunal ce jeudi, muni d'une valise au cas où un mandat de dépôt serait prononcé.
"La privation de ne plus voir les siens est pire que la privation de liberté", avait déclaré lundi Dominique Pelicot lors de sa dernière prise de parole devant le tribunal. "Je veux dire à toute ma famille que je les aime, vous avez le reste de ma vie entre vos mains."
150 policiers et gendarmes aux abords du tribunal
Gisèle Pelicot, ainsi que ses deux avocats Me Babonneau et Camus, seront évidemment présents dans la salle d'audience. Son entourage l'a décrite "épuisée" après ces quinze semaines d'audience. Les trois enfants du couple, David, Caroline, Florian, ainsi que les deux belles-filles Céline et Aurore, également parties civiles dans ce procès, assisteront au prononcé de ce verdict.
Pour des questions de sécurité, le président de la cour criminelle a décidé que seuls quatre journalistes pourraient être présents dans la salle d'audience. Les 184 autres médias accrédités, dont 86 étrangers, depuis le début de ce procès hors normes devront se trouver une place dans une salle de retransmission installée dans le tribunal.
Le dispositif de sécurité a été considérablement renforcé pour le verdict. Plus de 150 policiers et gendarmes, dont une compagnie républicaine de sécurité (CRS), vont être déployés aux abords et dans le tribunal pour éviter tout débordement ou toute confrontation.
Certaines familles des accusés seront présentes au palais de justice où elles assisteront à la lecture du verdict, une partie des quatre salles de retransmission - contre une pendant les trois mois et demi du procès - leur a été réservée.
À l'extérieur, un public nombreux devrait être présent. Surtout, un "rassemblement chanté" à l'initiative d'une organisation féministe est annoncé à partir de 13 heures. Contactée par BFMTV, l'une des organisatrices explique que cette manifestation vise à faire du bruit et souhaiter, de façon ironique, un "bon séjour en détention aux accusés". Elles ont aussi prévu des oranges pour les futurs détenus.











