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Procès Rançon: les frères d'une victime se jettent sur le box des accusés, la salle évacuée

BFM Justine Chevalier avec Mélanie Bertrand
Jacques Rançon est jugé pour le meurtre de deux femmes.

Jacques Rançon est jugé pour le meurtre de deux femmes. - AFP

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Le procès de Jacques Rançon, accusé du meurtre de deux jeunes femmes dans les années 90, a connu un tournant hier avec les excuses de l'homme de 58 ans. L'émotion et les tensions restent au coeur des débats.

La matinée a été une nouvelle fois éprouvante au procès de Jacques Rançon accusé du meurtre de deux femmes à la fin des années 90. L'ancien cariste-magasinier a raconté devant la cour d'assises de Perpignan la soirée du 16 juin 1998, jour de la disparition de Marie-Hélène Gonzalez. Un récit froid et mécanique qui a suscité la colère de la famille de la victime. Au moment où l'audience devait être suspendue, deux des frères de la jeune femme se sont jetés dans le box des accusés pour tenter d'atteindre Jacques Rançon. 

"Ils se sont précipités sur le box pour tenter de l'attraper à travers les vitres, a reconnu Me Etienne Nicoleau, avocat des parties civiles. Ils ont eu une réaction humaine, épidermique. On peut comprendre. C'était leur sœur, ils ont revécu le calvaire de Marie-Hélène."

Corps décapité

La réaction des deux frères de Marie-Hélène, dont le corps a été découvert atrocement mutilé, a entraîné une certaine confusion dans la salle de la cour d'assises des Pyrénées-Orientales. La salle d'audience a dû être évacuée entièrement par les gendarmes. "La dignité, c'est important", a lancé le président de la cour d'assises à l'attention de la famille de Marie-Hélène Gonzalez avant de déclarer l'audience suspendue jusqu'à 14 heures.

Hier, pourtant, après avoir demander "pardon", Jacques Rançon avait refusé de dire pourquoi et comment il a violé, tué et mutilé ses victimes. Ce mercredi matin, il est revenu sur cette soirée où il a pris en stop Marie-Hélène Gonzalez, une jeune femme de 22 ans. Jacques Rançon a raconté comment il avait tenté de la violer avant de l'étrangler. Le corps de la jeune femme avait été retrouvé dix jours plus tard décapité et amputé des mains. Sa tête et ses mains avaient été retrouvées six mois plus tard. Des photos ont été projetées pendant l'audience.

Sur ces faits, Jacques Rançon dit ne pas se souvenir. Des pertes de mémoire qui agacent la cour. "Est-ce tellement horrible que vous préférez mettre un rideau noir sur ces moments-là?", questionne le président de la cour d'assises des Pyrénées-Orientales. "Je ne me souviens plus", a rétorqué encore une fois l'accusé, qui a exprimé de nouveaux remords. "Aujourd’hui, je regrette qu’elle ait croisé ma route", souffle-t-il.