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Mort d'un adolescent après avoir mangé dans un Quick: l'ex-gérant sera jugé

BFM Justine Chevalier avec AFP
Le groupe Quick n'a jamais été inquiété par la justice. (Image d'illustration)

Le groupe Quick n'a jamais été inquiété par la justice. (Image d'illustration) - Denis Charlet - AFP

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Le 22 janvier 2011, un adolescent de 14 ans est mort après avoir mangé dans un fast-food Quick. L'autopsie avait conclu à un décès par "toxi-infection alimentaire".

Cinq ans et demi après la mort de leur fils, les parents de Benjamin Orset voient enfin leur combat aboutir. L'ex-gérant du Quick Cap Sud à Avignon, Philippe Quérard, a été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour la mort de cet adolescent de 14 ans, décédé après avoir dîné en famille dans ce restaurant en janvier 2011.

Outre l'ancien responsable du fast-food, mis en examen en 2011 puis en 2015 pour "homicide involontaire", la société à travers laquelle il gérait l'établissement est mise en cause et devra répondre devant la justice d'"homicide involontaire" en relation avec l'inobservance de règles d'hygiène. En prenant cette décision, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nîmes vient infirmer l'ordonnance de non-lieu rendue en 2014 faute d'éléments à l'encontre du gérant.

Staphylocoque doré

Le 21 janvier 2011, Benjamin Orset, 14 ans, et sa famille dînent dans le restaurant Quick d'Avignon. Le lendemain matin, le jeune garçon perd la vie sous les yeux de ses parents. A l'époque, l'autopsie conclut à une mort consécutive à une "toxi-infection alimentaire", plus communément appelée "intoxication alimentaire". Les médecins légistes découvrent la présence d'un staphylocoque doré dans l'intestin de l'adolescent, mais également chez 5 des 8 employés qui travaillaient ce soir-là.

En 2011, Philippe Quérard est mis en examen pour "homicide involontaire". Toutefois, d'autres expertises indiquent que la jeune victime de 14 ans souffrait d'une cardiomyopathie. "Un trop gros effort, un excès de stress ou une intoxication auraient pu lui être fatals", rappelle à l'époque Le Dauphiné. A cela, la souche du staphylocoque doré découvert sur l'adolescent était différent de celle découverte sur les salariés du Quick.

La famille de la victime déterminée

De nombreux éléments qui ont conduit en 2014 un juge d'instruction à prononcer un non-lieu dans cette affaire en faveur de Philippe Quérard, dont la gestion des trois restaurants Quick qu'il avait dans la région lui a été retirée, après que le groupe a évoqué un "dysfonctionnement local".

C'était sans compter sur la détermination de la famille de Benjamin Orset et de ses avocats, qui ont fait appel de cette décision. En avril 2015, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nîmes décide de mettre en examen l'ex-gérant du Quick. Une mise en cause qui conduit aujourd'hui à ce renvoi devant le tribunal correctionnel. "Depuis le mois de janvier 2011, ces braves gens étaient persuadés qu'il y avait un lien de cause à effet entre l'ingestion de ce repas et la mort de leur enfant", a souligné leur avocat, Me Christian Bonnenfant. 

"Leur vérité est aujourd'hui corroborée par une vérité judiciaire", a-t-il conclu.