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Gilets jaunes: au moment de son interpellation, Eric Drouet était sous le coup d'une enquête

BFM Justine Chevalier avec Cécile Ollivier
Eric Drouet a été interpellé mercredi soir près des Champs-Elysées à Paris.

Eric Drouet a été interpellé mercredi soir près des Champs-Elysées à Paris. - Capture BFMTV

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Eric Drouet, a été interpellé à Paris et placé en garde à vue mercredi soir pour "manifestation non déclarée". Ce n'est pourtant pas la première fois qu'un rassemblement des gilets jaunes a lieu sans que les autorités en soient avisées. Mais cette figure du mouvement était sous le coup d'une enquête et avait des obligations à respecter dans le cadre d'un contrôle judiciaire.

Eric Drouet est sorti de sa garde à vue. Il avait été interpellé mercredi pour "manifestation non déclarée" à la suite d'une interpellation mercredi 2 janvier près de la place de la Concorde et des Champs-Elysées, alors qu'il se trouvait en compagnie de quelques dizaines de personnes porteuses d'un gilet jaune. 

Eric Drouet est toujours sous le coup d'une enquête préliminaire du parquet de Paris. En décembre dernier, le préfet de police de Paris a fait un signalement au procureur sur la base de l'article 40 du code de procédure pénale, qui précise que tout officier ou fonctionnaire qui acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit "est tenu" de l'aviser. Ce signalement, qui portait sur deux infractions - "provocation à la commission d'un crime ou d'un délit" et "organisation d'une manifestation illicite" - était une réponse à l'appel d'Eric Drouet, sur notre antenne, qui invitait les gilets jaunes à "entrer" dans l'Elysée. Il avait alors été entendu lors d'une audition libre au début du mois de décembre.

Sous contrôle judiciaire

Le 22 décembre, Eric Drouet est toutefois interpellé à Paris, pour trois motifs: "groupement en vue de commettre des dégradations", "port d’arme prohibé" et "organisation de manifestation non déclarée". Après avoir été entendu par les enquêteurs, le chauffeur-routier a été laissé libre et placé sous contrôle judiciaire dans l'attente de son procès prévu le 5 juin prochain pour les deux premiers chefs de prévention. Il avait été placé sous contrôle judiciaire qui lui interdit de porter une arme. De plus, le parquet avait demandé la poursuite de l’enquête préliminaire pour organisation de "manifestation non déclarée". Un délit passible de 6 mois d'emprisonnement. Sa garde à vue ne pourra donc pas dépasser 24 heures.

Par ailleurs, depuis le début du mouvement le 17 novembre dernier, de nombreux groupes ont fleuri sur les réseaux sociaux appelant à manifester chaque samedi, jusqu'à ce 31 décembre. Rares ont été ceux déclarés en préfecture. Mercredi, dans la journée, c'est un appel personnel qu'Eric Drouet a lancé dans une vidéo Facebook pour organiser une action visant à "choquer l'opinion publique" dans la soirée, sur les Champs-Elysées. Là où il était plus difficile d'identifier le ou les organisateurs des derniers rassemblements, après cet appel, il est alors devenu de plus en plus évident pour les autorités que le chauffeur routier de Melun était l'un des instigateurs. Justifiant alors son interpellation.