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La mère accusée d'avoir empoisonné ses filles dans les Landes condamnée à 30 ans de réclusion criminelle

BFM O.E avec AFP
Une cour d'assises. (Photo d'illustration)

Une cour d'assises. (Photo d'illustration) - PHILIPPE HUGUEN

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Un peu plus tôt dans la journée, l'avocat général avait requis 30 ans de prison contre cette mère de famille, "des faits d'une particulière gravité" selon lui.

Maylis D., accusée d'avoir empoisonné avec des médicaments ses deux filles, dont l'une est morte, a été condamnée ce mercredi 3 décembre à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Landes. Cette peine est assortie d'une période de sûreté de 20 ans.

La présidente de la cour d'assises, Emmanuelle Adoul, a justifié cette décision, prise à la majorité, "au regard de la gravité des faits, de la mort d'Enea, de leur durée, des modes opératoires et des préjudices pour les parties civiles".

Un peu plus tôt ce mercredi, l'avocat général avait requis 30 ans de prison contre Maylis D., une peine assortie d'une période de sûreté de 15 ans. "Les faits sont d'une particulière gravité, commis successivement sur Enea (décédée en novembre 2019 d'une surdose médicamenteuse, ndlr), puis sur sa sœur" Luan, a déclaré l'avocat général Marc Bourragué.

Syndrome de Münchhausen

Le 13 novembre 2019, aux alentours de 11h50, les sapeurs-pompiers de Dax sont appelés au domicile de Maylis D.. Sa fille Enéa, inconsciente, convulse et est en arrêt cardio-respiratoire, avant d'être réanimée par les secours. Évacuée vers l'hôpital de Dax, elle mourra six jours plus tard. Le rapport d'autopsie révèle une concentration toxique de Propranolol dans le sang de l'adolescente à l'origine de son décès.

Dans cette affaire, la personnalité de Maylis D. est centrale. Les expertises psychiatriques ont exclu toute anomalie mentale ou psychique, mais évoquent un possible syndrome de Münchhausen par procuration.

Ce trouble psychologique implique une tendance obsessionnelle à exagérer délibérément des symptômes médicaux pour attirer l'attention. Dans le cas de l'accusée, les enquêteurs ont découvert que sa fille, Enéa, a vu 12 médecins en deux ans, 30 tout au long de sa vie.