"The Last of Us": le créateur du jeu lâche la série

La série inspirée du jeu vidéo "The Last of us", avec Pedro Pascal et Bella Ramsey. - HBO
Encore un coup dur pour The Last Of Us. Après des retours mitigés et des audiences décevantes pour sa deuxième saison, la série adaptée du jeu vidéo éponyme doit désormais faire face à un départ.
Neil Druckmann, créateur du jeu et co-showrunner de la série, a décidé de quitter le navire. S'il conserve le titre de producteur exécutif, il ne participera plus au scénario et à la réalisation des épisodes de la série.
La nouvelle a été annoncée dans un communiqué publié sur le compte Instagram de Naughty Dog, la société éditrice du jeu vidéo, dont Neil Druckmann fait partie.
"J'ai pris la décision difficile de me retirer de la création de The Last of Us sur HBO. [...] Co-créer cette série a été un moment fort de ma carrière. Ce fut un honneur de collaborer avec Craig Mazin pour la production exécutive, la réalisation et l'écriture des deux dernières saisons."
Neil Druckman évoque l'envie de "[se] concentrer entièrement sur Naughty Dog et ses futurs projets", en particulier I'écriture et la réalisation du jeu Intergalactic: The Heretic Profit, et sur "[ses] responsabilités de directeur de studio et de directeur créatif".
Neil Druckmann n'est pas le seul à quitter la production. Halley Gross, co-scénariste du jeu vidéo The Last of Us Part II, a aussi décidé de se retirer de la série. "Je suis tellement reconnaissante d'avoir vécu cette expérience si spéciale, écrit-elle sur Instagram. Travailler aux côtés de Neil, Craig, HBO et de cette équipe et de ces acteurs remarquables a changé ma vie. Les histoires que nous avons racontées – sur l'amour, la perte et ce que signifie être humain dans un monde terrifiant – sont précisément la raison pour laquelle j'aime cette franchise."
Des personnages brouillons
Faut-il y voir un lien avec les audiences décevantes sur la plateforme Max ? La série - qui suit les aventures de Joel (Pedro Pascal) et Ellie (Bella Ramsey) dans un monde post-apocalyptique ravagé par la propagation du champignon cordyceps - venait pourtant d'être renouvelée pour une troisième saison.
Mais les retours des spectateurs et des critiques étaient plus que mitigés. Les joueurs de The Last of Us ont pu être chagrinés par les (trop grandes) libertés prises par les scénaristes, contrairement à la saison 1 qui reste fidèle à la licence.
L'écriture des personnages a, quant à elle, perdu en vigueur. Si le personnage de Joel a gagné en sensibilité, révélant son humanité, celui d'Elie reste brouillon voire bâclé. En témoigne la relation amoureuse qu'elle noue avec Dina. Alors qu'il était possible d'approfondir les états d'âme des deux jeunes femmes, de tirer un fil narratif fort qui aurait pu sauver la saison, les sentiments restent ici superficiels.
Ce ne sont pas les seules raisons de cet accueil en demi-teinte. La mort de Joel, bien que présente dans le jeu vidéo, a pu froisser les fans de Pedro Pascal. Tout comme la fin en suspens: si elle prépare le public à explorer l'histoire d'Abby (Kaitlyn Dever) dans la saison 2, elle peine franchement à convaincre.
Reste à savoir comment Craig Mazin, co-créateur du jeu, parviendra à écrire les prochains épisodes sans Neil Druckmann et Halley Gross. Car c'est aussi l'implication de ces deux figures majeures du jeu dans le scénario de la série qui a permis le succès de cette adaptation.
A priori, la saison 3 devrait suivre, dans les grandes lignes, l'arc narratif du jeu vidéo pour le personnage d'Abby. La production n'a pas encore été lancée.












