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Paris: au musée du Quai Branly-Jacques Chirac, l'exposition "Zombis" retrace les véritables origines du mythe

BFM Bettina de Guglielmo avec Julie Benmoussa
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Le musée du Quai Branly-Jacques Chirac consacre une riche exposition "Zombis. La mort n’est pas une fin ?". L'objectif: retracer les origines du mythe, utilisé de nombreuses fois dans la pop culture.

Dans l'imaginaire, les zombis ressemblent à des créatures terrifiantes, des morts-vivants contaminants. Depuis des années, la pop culture s'est emparée de ce monstre, comme le clip "Thriller" de Michael Jackson ou encore à la série "The Walking Dead".

Mais où est-il vraiment né? C'est la question à laquelle répond le musée du Quai Branly-Jacques Chirac avec l'exposition "Zombis. La mort n’est pas une fin ?", en tentant de prendre à revers ces zombis "hollywoodiens" en retraçant sa véritable histoire.

Les zombis originaires d'Haïti

L’exposition offre une plongée aux racines anthropologiques de la zombification. "Il se trouve en Haïti, dans la culture haïtienne. Cette exposition est un prétexte pour découvrir la culture vaudoue depuis la fin du 18e siècle," explique Philippe Charlier, médecin légiste, archéologue, anthropologue et commissaire de l'exposition au micro de BFM Paris Île-de-France.

Le parcours explore ce monde aux frontières de la mort. Les zombis sur l'île des Caraïbes prennent forme en marge de la culture vaudoue. Dans la religion, la zombification était une punition infligée à un criminel récidiviste.

Assassins, voleurs ou violeurs étaient jugés incapables de vivre en société. Ils deviennent ainsi des criminels privés de liberté, devenus des esclaves.

"L'esclavage, c'est de la zombification, c'est de la déshumanisation. On a déshumanisé des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants," argumente Erol Josué, commissaire associé de l'exposition.

Une pièce dédiée aux rituels vaudous

Dans cette exposition, des rites, des cimetières et des temples vaudous sont reconstitués. L'une des pièces représente "l'endroit où se déroule la grande majorité des rituels vaudous". Dans ces temples, chaque divinité vaudoue (ou loa) invoquée est associée à son équivalent catholique à l’aide d’une image pieuse.

Et c'est seulement durant l'occupation américaine d'Haïti, dans les années 20, que le zombi commence à migrer dans l'imaginaire hollywoodien.

Entre le savoir et la fiction, l’exposition "Zombis. La mort n’est pas une fin?" est à voir jusqu'au 16 février au musée du quai Branly-Jacques Chirac.