BFM

Femme démembrée aux Buttes-Chaumont: l'avocat de la famille témoigne du "deuil impossible" des proches

BFM Florian Bouhot et Emilie Roussey
placeholder video
Les parties du corps d'Assia M.B. retrouvées par les enquêteurs font toujours l'objet d'analyses, empêchant ses proches de l'enterrer.

"Ils sont absolument dévastés". L'avocat de la famille d'Assia M.B., dont le corps démembré a été retrouvé au parc des Buttes-Chaumont, dans le 19e arrondissement de Paris, le 13 février dernier, a dénoncé sur BFMTV le "deuil impossible" pour les proches de la victime.

"Ils sont évidemment absolument dévastés car ils font face à la perte d'un proche, ce qui est très douloureux, mais la perte d'un proche dans ces conditions c'est quelque chose d'absolument inhumain et indescriptible, ça aggrave encore plus leur préjudice et leur douleur, et ça rend leur deuil impossible", a déclaré maître Antoine Ory.

Un deuil d'autant plus difficile que les parties du corps d'Assia M.B. retrouvées font toujours l'objet d'analyses, empêchant à ses proches de l'enterrer. "Beaucoup de ses proches ont encore du mal à réaliser, une partie d'entre eux est en Algérie", a ajouté l'avocat.

Des dettes à l'origine des faits?

Le mari d'Assia M.B. a été mis en examen pour meurtre sur conjoint fin février après avoir avoué les faits. Pour Antoine Ory, tout l'enjeu de l'enquête sera de déterminer si les faits ont été prémédités ou non.

"C'est un combat symbolique pour la famille car la peine est la même, la réclusion criminelle avec perpétuité, [...] cela ne changerait rien sur la peine, c'est vraiment un enjeu symbolique pour essayer d'être au plus près de la vérité" a-t-il expliqué.

Quant au mobile du meurtre, l'avocat a indiqué qu'il n'était "pas très clair", évoquant des "sujets financiers assez poussés entre les deux avec des dettes et des difficultés à les honorer" qui pourraient être "une explication, une piste".

Six jours pour déclarer sa disparition

Youcef M., le mari d'Assia M.B., a avoué être l'auteur du meurtre de sa femme après 48h de garde à vue. Il a été mis en examen fin février pour meurtre sur conjoint.

Le quadragénaire avait déclaré la disparition de sa femme sur les réseaux sociaux le 31 janvier. Il a ensuite mis six jours à indiquer à la police cette disparition inquiétante.

Le père de trois enfants avait également déclaré qu'elle avait quitté leur domicile de Montreuil un jour précis sans que rien n'en atteste du côté de la vidéosurveillance. Il a également déclaré l'avoir cherchée à différents endroits, ce qui s'est finalement avéré faux. Reste enfin la question du téléphone neuf que Youcef M. a acheté la veille de la mort de la victime, dont aucune trace n'a été retrouvée.

Durant l'enquête, les policiers ont également interrogé l'entourage très proche de la victime, notamment sa sœur qui leur a confié que deux jours avant la disparition, Assia M.B. avait affirmé qu'elle avait le "sentiment (qu'elle allait) mourir prochainement".

Selon l'avocate de ce dernier, il serait "effondré" et n'aurait "jamais voulu donner la mort" à son épouse. "Il était dans l’incapacité de pouvoir dire à ses enfants qu'il était responsable du décès de leur mère", a-t-elle expliqué à BFMTV.