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Affaire Théo: Michel Zecler, producteur victime d'une interpellation violente, "extrêmement déçu" du verdict

BFM Fanny Rocher
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La cour d'assises de Seine-Saint-Denis a condamné trois policiers à des peines allant de 3 à 12 mois de prison avec sursis pour l'interpellation violente en 2017 de Théo Luhaka. Michel Zecler, producteur de musique victime d'une interpellation violente, a confié à BFMTV sa déception.

"Ça m'a énormément choqué". L'affaire Théo, devenue emblématique des violences policières, a connu son dénouement ce vendredi 19 janvier avec la condamnation de trois policiers à des peines allant de 3 à 12 mois de prison avec sursis devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis.

Après plus de neuf heures de délibéré, le gardien de la paix Marc-Antoine C. a été reconnu coupable du coup de matraque qui a grièvement blessé la victime. Il a été condamné à 12 mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer sur la voie publique pendant 5 ans. Des peines de 3 mois de prison avec sursis ont été prononcées à l'encontre de ses collègues Jérémie D. et Tony H. pour violences volontaires.

Pour Michel Zecler, producteur de musique victime d'une violente interpellation par les forces de l'ordre qui avait été médiatisé en novembre 2020, ces peines sont très en deçà des faits. "Je suis extrêmement déçu. C'est un procès au cours duquel les gens qui sont intervenus ont vu que les policiers sont allés trop loin, qu'ils avaient employé une violence totalement disproportionnée", a-t-il dénoncé sur BFMTV.

"Peu de remords"

"Les photos prises de Théo ensanglanté, les moqueries, les insultes à caractère raciste, indiquait (que le policier qui l'a gravement blessé NDLR) avait peu de remords", a-t-il ajouté.

"Lorsque les faits sont avérés, je me suis dit que ces policiers, qui n'ont pas agi comme ils auraient dû, allaient payer leur faute", a-t-il encore avancé, se dit "assez choqué" du verdict.

Michel Zeler, qui a rencontré Théo après sa violente interpellation, décrit "un jeune homme voué à jouer au foot". "Mais il a croisé ces policiers-là, déjà connus pour des faits similaires"", a fustigé le producteur.

Si ces trois policiers étaient jugés depuis deux semaines, un fait rare dans les affaires de violences policières, c'est que Théodore Luhaka garde des séquelles irréversibles de son arrestation. Ce 2 février 2017, à Aulnay-sous-Bois, le jeune homme de 22 ans à l'époque est interpellé.

Alors qu'il est dos au mur, pris en étau par deux fonctionnaires de police, Théodore Luhaka reçoit un coup avec la pointe d'un bâton télescopique de défense (BTD). Son sphincter (muscle annulaire) se déchire.