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Coronavirus: l'espoir nait en Europe, les USA submergés

BFM S. V. avec AFP
Une personne se prenant en photo à New-York, épicentre de l'épidémie aux Etats-Unis

Une personne se prenant en photo à New-York, épicentre de l'épidémie aux Etats-Unis - BRUCE BENNETT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

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Le monde selon Trump
En Italie, en Espagne ou en France plusieurs signes prometteurs laissent espérer une sortie prochaine de la crise sanitaire. Mais aux Etats-Unis les chiffres de contamination et le nombre des décès explosent, faisant craindre une hécatombe dans les jours et les semaines à venir.

Une "courbe qui commence sa descente" en Italie, "la pression qui diminue" en Espagne et le nombre de morts qui baisse en France: l'espoir d'une amélioration sur le front de la pandémie du coronavirus est né dimanche en Europe, au moment où les Etats-Unis s'enfoncent dans la crise. A Rome, les autorités ont enregistré au cours des dernières vingt-quatre heures 525 décès, soit le nombre le plus bas depuis plus de deux semaines. 

"La courbe a commencé sa descente", s'est félicité le patron de l'Institut supérieur de la Santé, Silvio Brusaferro. La baisse du nombre des morts "est une donnée très importante", dans un pays qui a payé, avec un total de plus de 16.000 morts, un terrible tribut à la pandémie née en décembre en Chine, avant de contaminer la planète.

Le ministre de la Santé Roberto Speranza s'est toutefois empressé de prévenir que "l'urgence n'est pas finie. Le danger n'a pas disparu. Nous avons encore quelques mois difficiles devant nous, ne gâchons pas les sacrifices consentis". 

"Nous commençons à avoir pas mal de sorties"

"La pression diminue", s'est félicité Maria José Sierra, du Centre d'alertes sanitaires espagnol, relevant "une certaine décrue" dans le nombre des hospitalisations et des admissions en soins intensifs. Et Empar Loren, une infirmière à l'hôpital Arnau de Vilanova à Lérida, en Catalogne, a ajouté : "La situation est plus stable. Le nombre des patients en unité de soins intensifs n'augmente plus tellement et nous commençons à avoir pas mal de sorties". 

En France, 357 morts ont été enregistrés dimanche, soit le chiffre le plus bas depuis une semaine. Les strictes mesures de confinement, dans ces deux pays méditerranéens comme dans tant d'autres, semblent donc commencer à porter leurs fruits, même si partout les autorités redoutent un relâchement de la population avec l'arrivée des beaux jours. 

Nulle part ces mesures n'ont été mieux illustrées qu'au Vatican, où le pape François a célébré l'entrée dans la semaine sainte de Pâques dans une basilique Saint-Pierre vide de fidèles, seulement accompagné de religieux et religieuses, avec une seule personne par banc.

"Regardez les vrais héros, qui apparaissent ces jours-ci: ce ne sont pas ceux qui ont renommée, argent et succès, mais ceux qui se donnent eux-mêmes pour servir les autres !", a lancé le pape dans son homélie.

Nouvelle ligne de front aux Etats-Unis

La nouvelle ligne de front de la maladie semble donc s'être déplacée aux Etats-Unis, où les chiffres de contamination et le nombre des décès explosent, faisant craindre une hécatombe dans les jours et les semaines à venir. Les États-Unis déplorent 9180 morts pou 324.052 cas selon le dernier bilan dimanche.

"La semaine prochaine sera un moment comme Pearl Harbor, comme le 11 septembre, sauf que ce ne sera pas localisé, ce sera dans tout le pays", a prévenu l'administrateur fédéral des services de santé publique, Jerome Adams. 

New York, littéralement ravagé par le virus, compte ses morts et appelle à l'aide. "Médecins, infirmiers, spécialistes de la respiration... à tous ceux qui ne sont pas déjà dans la bataille: nous avons besoin de vous", a lancé le maire démocrate de la ville Bill de Blasio, réclamant aussi des respirateurs. L'Etat de New York, épicentre dans l'épicentre, a annoncé dimanche 594 décès en 24 heures, pour un total de 4159 morts.

La gravité de la situation dans le pays a conduit Joe Biden, candidat ayant les meilleures chances de décrocher l'investiture démocrate pour la Maison Blanche, à envisager pour cet été l'éventualité d'une convention de son parti sans public.

En Europe le Royaume-Uni en pleine crise

Dans une allocution télévisée solennelle, la quatrième depuis le début de son règne il y a 68 ans, la reine du Royaume-Uni et du Commonwealth a salué dimanche soir la réponse des Britanniques à la crise sanitaire. "J'espère que dans les années à venir, tout le monde pourra être fier de la manière dont nous avons relevé ce défi", doit dire Elisabeth II, 93 ans, dans un discours "profondément personnel" selon ses services.

L'intervention royale intervient au lendemain de l'annonce d'un nouveau record quotidien de 708 morts en Grande Bretagne, parmi lesquels un enfant de 5 ans. A ce jour, 4.313 Britanniques sont décédés du Covid-19. Le propre fils de la reine, le prince héritier Charles (71 ans) a contracté la maladie, mais est récemment sorti de quarantaine et se trouve en bonne santé.

De plus le Premier ministre britannique Boris Johnson, testé positif au nouveau coronavirus il y a dix jours, a été hospitalisé dimanche pour subir de nouveaux examens, ont annoncé ses services. Il subit encore des symptômes du Covid-19, notamment de la fièvre.

Très critiqué pour la gestion de la crise, le gouvernement a une nouvelle fois exhorté dimanche les Britanniques à respecter le confinement. "Ce n'est pas une demande, c'est une exigence inscrite dans la loi", a insisté le ministre de la Santé Matt Hancock.

Inquiétude dans les zones en crise

Ailleurs dans le monde, les motifs d'inquiétude restent nombreux, en particulier dans les pays pauvres, en crise, ou pour les populations particulièrement à risque.

En Grèce, un deuxième camp de migrants près d'Athènes a été placé dimanche en quarantaine par les autorités. Singapour a placé près de 20.000 travailleurs migrants en quarantaine après avoir constaté la hausse du nombre de contaminations notamment au sein des résidences où dorment ces ouvriers, pour beaucoup Bangladais et Chinois.

En Iran, la propagation a ralenti pour le cinquième jour de suite avec 151 décès supplémentaires en 24 heures (pour 3603 morts au total), affirment dimanche les autorités, laissant entrevoir une reprise progressive de certaines activités économiques à partir du 11 avril.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 68.125 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles dimanche à 19h00 GMT.