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La mairie de Marseille lance des "travaux d'office" pour sécuriser les immeubles à risque

BFM Business Diane Lacaze avec AFP , Journaliste BFM Éco
Vue générale de Marseille avec à gauche la basilique Notre-Dame de la Garde, le 19 janver 2019

Vue générale de Marseille avec à gauche la basilique Notre-Dame de la Garde, le 19 janver 2019 - BORIS HORVAT © 2019 AFP

La mairie effectue des "travaux d'office" pour sécuriser les immeubles. Une vingtaine d'opérations ont déjà été réalisées et la mairie compte bien continuer.

Face au fléau de l'habitat insalubre et aux centaines de bâtiments en péril, la mairie de Marseille a depuis un an effectué des "travaux d'office" pour sécuriser une vingtaine d'immeubles et entend poursuivre cette prise en main, a-t-elle annoncé.

Le sujet de l'habitat indigne, bien que présent dans d'autres villes de France, est particulièrement sensible à Marseille où huit personnes sont mortes en novembre 2018 dans l'effondrement de deux immeubles insalubres du centre-ville. Balcons et escaliers menaçant de s'effondrer, toiture prenant l'eau: dans une petite copropriété privée du 3e arrondissement, la dizaine de propriétaires n'ont pas effectué les travaux nécessaires pour assurer la sécurité des habitants, malgré les nombreuses mises en demeure et arrêté de péril depuis 2018.

La mairie de Marseille est donc entrée en jeu pour effectuer des travaux de sécurisation sur certains immeubles à risque, une fois les bâtiments évacués. "La ville se substitue aux propriétaires (...) au moyen d'une enveloppe de 48 millions d'euros pour quatre ans, votée fin 2020", a déclaré l'adjoint chargé des questions de logement, Patrick Amico.

"Il ne s'agit pas de réhabiliter complètement un bâtiment mais de le remettre en sécurité afin que les locataires puissent revenir. Ces travaux sont récupérés auprès des propriétaires. Mais, si au final les propriétaires ne paient pas, la ville devient propriétaire des immeubles", a-t-il expliqué.

"Une quarantaine d'autres sont dans les tuyaux"

En un an, la ville a ainsi travaillé sur la sécurisation de 20 immeubles pour un montant avoisinant les cinq millions d'euros, selon Patrick Amico. "Une quarantaine d'autres sont dans les tuyaux", a-t-il précisé. La tâche est toutefois immense avec environ 800 immeubles frappés par des arrêtés de péril à Marseille, dont 200 considérés en danger imminent, selon lui. Et une trentaine de nouveaux dossiers d'immeubles susceptibles d'être déclarés en péril arrivent chaque mois, a ajouté l'élu.

La ville reloge en ce moment 1.400 personnes évacuées de ces bâtiments, dont 1.000 dans des appartements, 250 en appart-hôtel et le reste en hôtels ou foyers. La mairie a également multiplié les signalements au procureur: 70 ont été faits en un an, a précisé Patrick Amico. Selon un rapport gouvernemental de 2015 toujours d'actualité, 100.000 personnes vivent dans 40.000 taudis à Marseille, et ce dans le parc privé uniquement. De multiples dispositifs associant l'Etat et différents acteurs sont en place, mais les avancées sont lentes.