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Hauts-de-France: l'urbex, une pratique en plein développement

BFM Grand Lille Rémi Desreumaux et Sarah Boumghar
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L'exploration urbaine de lieux désaffectés est de plus en plus populaire, notamment dans la région où se trouvent de nombreuses friches industrielles.

Ils s'aventurent dans les lieux abandonnés, désaffectés, de la région, qui en compte des dizaines. L'exploration urbaine, ou urbex, est une pratique de plus en plus répandue. Mais l'exercice n'est pas sans risque pour les explorateurs des temps modernes.

Passionnés par la discipline, Erwan et Baptiste s'y livrent dans la région lilloise depuis sept ans.

"Le dépassement de soi, le dépassement des limites, le dépassement de l'autorisation, la découverte", sont les sensations recherchées, raconte Erwan au micro de BFM Grand Lille.

Friches industrielles, bunkers, galeries, cimetières, maisons, fermes... Les lieux à découvrir sont nombreux. Certains explorateurs se spécialisent même dans la visite de lieux particuliers, comme le métro ou les catacombes à Paris par exemple, selon leurs intérêts personnels. Un règlement tacite leur interdit d'endommager les lieux de quelque manière que ce soit, ou encore de dérober des objets qui s'y trouvent.

Intéressés par l'Histoire ou le patrimoine, l'urbex séduit également les amateurs de sensations fortes qui ont le goût du danger. "Bien sûr on aime le risque, on ne va pas le cacher. Quand on monte sur les toits... on aime le risque. Mais, en fonction du lieu, on analyse, etc. Et c'est une analyse qui est réfléchie, il y a de l'expérience derrière, donc on sait de quoi on est capable ou non", explique Baptiste.

Une pratique dangereuse?

Si elle est de plus en plus populaire, notamment grâce aux réseaux sociaux, la pratique n'en reste pas moins illégale. Les lieux visités sont pour la plupart privés, et peuvent s'y trouver des substances dangereuses, comme de l'amiante par exemple. Ceux qui s'y adonnent risquent jusqu'à un deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende pour violation de propriété privée.

Après 20 explorations, Violette, ancienne adepte de la discipline, a elle décidé de raccrocher.

"Le risque est beaucoup trop important par rapport à certains lieux qu'on peut visiter, même si dans des hôpitaux, ça vaut le coup, tout ce qui était prison, ça vaut le coup. Mais pour des maisons, mettre sa vie en danger, uniquement pour voir des endroits abandonnés, c'est trop risqué".

Par ailleurs, les accidents liés à l'urbex se multiplient. Au mois de juin dernier, un adolescent de 17 ans a été gravement blessé à Lomme. Alors qu'il explorait une usine désaffectée, le plancher a cédé sous le poids du jeune homme. Passé à travers, il a fait une chute de 10 à 15 mètres dans un silo. Une vingtaine de pompiers avaient dû intervenir pour secourir le jeune homme.