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La Banque d'Angleterre relève son taux directeur à 5%

BFM Business OC avec Reuters et l'AFP
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Le taux de base est au plus haut depuis 2008, la faute à une inflation persistante.

La Banque d'Angleterre (BoE) a annoncé jeudi un relèvement plus important qu'attendu de son taux directeur, après avoir constaté que des données suggéraient un ralentissement plus lent que prévu de l'inflation britannique.

"Les données récentes montrent que l'inflation est plus persistante que prévu, avec un marché du travail tendu et une demande qui résiste", explique le comité de politique monétaire (MPC) dans son communiqué.

Une inflation hors énergie et alimentation à 7,1%

Le taux de base est ainsi porté de 4,5% à 5%, au plus haut depuis 2008. Les économistes interrogés par Reuters la semaine dernière s'attendaient à un relèvement d'un quart de point à 4,75%, bien que les marchés financiers aient estimé plus tôt dans la journée à près de 50% la probabilité que le taux soit fixé à 5%.

Les données publiées mercredi ont en effet montré une accélération de la hausse des prix hors énergie et alimentation de 6,8% à 7,1% en mai (et de 8,7% au global). Un sommet depuis mars 1992.

Or, c'est cet indicateur que les banques centrales tentent de juguler, pour éviter un cercle vicieux de hausse des prix et des salaires. Et les investisseurs estiment que la BoE ne pourra pas se permettre d'en rester là et devrait porter son taux directeur à 6% d'ici à la fin de l'année.

"Les conséquences sur les prix et les revenus au niveau local des chocs extérieurs", comme la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, "vont probablement prendre plus de temps à disparaître qu'à apparaître", prévient le Comité de politique monétaire (MPC) dans les minutes de sa réunion.

La BoE s'est contentée, comme lors de ses dernières réunions, de prévenir que "s'il y avait plus de preuves de persistance des pressions (inflationnistes, ndlr), plus de resserrement de la politique monétaire serait nécessaire".

Flambée des crédits

Mais ce resserrement commence à avoir des effets néfastes sur l'économie britannique, avec une envolée du coût de l'emprunt pour le gouvernement et des crédits immobiliers qui coûtent plus cher.

Dans un marché britannique dominé par des emprunts de particuliers aux taux renégociés tous les deux à cinq ans, de nombreux propriétaires vont voir leurs versements mensuels s'envoler cette année.

L'économie britannique pourrait avoir du mal à encaisser les conséquences des hausses des taux : si elle se porte un peu mieux que prévu, elle peine à retrouver son niveau d'avant la pandémie de Covid-19.

Deux membres sur neuf du MPC ont d'ailleurs voté contre une hausse des taux, jugeant plus opportun de les laisser inchangés.

"Le délai pour que la politique monétaire prenne effet signifie que les effets les plus importants des hausses passées n'ont pas encore été actés", s'inquiètent ces deux membres dans les minutes.

Un avis que ne semble pas partager le gouvernement britannique: "Notre détermination à (faire baisser l'inflation) est inébranlable car c'est le seul moyen à long terme de soulager la pression" qui pèse sur les Britanniques, a réagi jeudi le ministre des Finances Jeremy Hunt. "Si nous n'agissons pas maintenant, ce sera pire plus tard."