Plainte collective contre Renault et Nissan pour des moteurs défectueux

Vers un nouveau scandale automobile? Selon Le Parisien, Renault Group et Nissan vont être la cible le lundi 5 juin d'une plainte collective de dizaines de propriétaires de véhicules des marques du groupe, à savoir Renault, Nissan mais aussi Dacia.
Les motifs de cette plainte déposée au pénal devant le tribunal correctionnel de Nanterre sont graves: "tromperie aggravée, pratiques commerciales trompeuses, escroquerie, destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes" et "mise en danger de la vie d'autrui".
Concrètement, ces utilisateurs épinglent des problèmes récurrents sur le moteur 1.2 TCe qui équiperait pas moins de 400.000 véhicules des trois marques produits d'octobre 2012 à juin 2016. Au programme: une trop grande consommation d'huile, une usure prématurée, voire la casse du bloc moteur.
Un moteur qui pose problème
Les modèles concernés par ces problèmes sont les Renault Captur, Clio IV, Kadjar, Mégane 3 et 4, Scénic 3. Pour Dacia, il s'agit des Duster 1 et 2, du Dokker et du Lodgy. Chez Nissan, c'est le Juke, le Pulsar et le Qashqai qui seraient touchés.
Près de 1800 propriétaires s'estiment lésés par ces dysfonctionnements, selon Le Parisien. Et ce, rien qu'en France. Ces "autres victimes se constitueront partie civile dès lors qu'un juge d'instruction aura été désigné" explique à nos confrères Maître Christophe Lèguevaques, avocat au barreau de Paris qui rassemble les plaintes.
D'après lui, "il s'agit d'une action collective et non pas d'une action de groupe au sens de la loi Hamon, tellement encadrée qu'elle est inefficace".
"Nous déplorons que Renault continue à gérer ces défaillances au cas par cas alors que le groupe a connaissance de ces défauts depuis longtemps. Nous déplorons qu’il n’ait pas organisé de campagne de rappel" explique de son côté Olivier Blanchet, propriétaire concerné et animateur d'un groupe Facebook sur la question.
Pas de risque de sécurité pour Renault
Interrogé par Reuters, Renault indique qu'il "n’a jamais cessé et continue d’examiner les demandes qui lui sont adressées". Et d'affirmer que "93 % des cas clients identifiés dans ce dossier ont déjà fait l’objet d’une prise en charge".
"Les demandes de participation qui n’ont pu être accueillies ont toutes fait l’objet d’un examen attentif de leurs éléments constitutifs et une réponse a été apportée." "Aussi, Renault Group invite ses clients à lui faire confiance pour les accompagner en cas de difficultés rencontrées dans l’utilisation de leur véhicule."
Le constructeur reconnaît que le moteur, produit en Espagne et au Royaume-Uni, souffrait d'une surconsommation d'huile mais estime qu'il n'y a pas de problème de sécurité. Il en veut pour preuve que les autorités de régulation n'ont jamais ordonné de campagne de rappel.
Christophe Lèguevaques explique que c'est justement l'absence d'avancée significative dans ce dossier qui a incité ses clients à décider de porter plainte.











