Elisabeth Borne: "Le revenu d'engagement jeunes, on y travaille toujours"

Elisabeth Borne. - BFM Business
Le revenu d'engagement jeunes sera-t-il abandonné? La promesse faite par Emmanuel Macron en juillet dernier n'a en effet pas été intégré dans le Budget 2022. Ce revenu de 300 à 500 euros qui devrait concerner 1 million de personnes de moins de 26 ans sans emploi, ni étude, ni formation ne serait pas abouti selon Emmanuel Macron qui a arbitré une réunion sur le sujet cette semaine.
Pourtant Elisabeth Borne, invitée ce jeudi sur BFM Business, y croit encore.
"Il a toujours été prévu qu'il ne serait pas dans la version initiale [du Budget] et qu'il serait introduit par amendement", assure la ministre du Travail qui précise que son ministère planche encore sur le sujet.
"Le président de la République nous a demandé de mener ce travail, la situation reste insatisfaisante quand on a deux fois plus de jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation que dans les pays européens, qu'on a un taux d'emploi 20% inférieur à celui de l'Allemagne, il faut qu'on puisse progresser", estime Elisabeth Borne.
En l'état, l'Exécutif craint que cette mesure coûteuse estimée à plus de 2 milliards d'euros ne soit inefficace et soit assimilé à de l'assistanat par une opposition de droite entrée en campagne.
"L'objectif ce n'est pas un "RSA jeune" mais de permettre au jeune de bâtir son projet professionnel et de le mettre en oeuvre, rappelle la ministre du Travail. C'est un très gros chantier qui nécessite de travailler avec les missions locales, Pôle emploi, mais aussi avec les associations de jeunesse, les partenaires sociaux."
D'autres solutions existent
Autrement dit, il faut faire en sorte que les jeunes concernés soient réellement pris en charge dans le cadre d'un retour à l'mploi. Or ce dispositif très large concernerait près d'un million de jeunes et les effectifs de Pôle emploi ne seraient peut-être pas adaptés.
La difficulté, reconnaît la ministre du Travail c'est "comment on s'assure que Pôle emploi fasse en sorte que chaque jeune soit effectivement accompagné et s'engage à entrer dans la vie professionnelle."
D'autant que comme le reconnaît Elisabeth Borne, d'autres dispositifs existent déjà.
"Il y a un peu plus d'un an on a lancé le plan "Un jeune, une solution" avec l'objectif que chaque jeune puisse trouver un emploi, un apprentissage, une formation, un parcours d'accompagnement, rappelle-t-elle. Ce plan est massif et a porté ses fruits puisque près de 3 millions de jeunes ont bénéficié du plan."
Alors que le chômage des jeunes est revenu à son niveau d'avant-crise, il reste en moyenne en France supérieur à la moyenne européenne.











