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En Belgique, le "chèque vert" existe déjà

BFM Business Pauline Dumonteil , Journaliste BFM Tech
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En Belgique, les employeurs du privé peuvent verser des écochèques à leurs salariés depuis 2009. La liste des produits éligibles est très large.

Le "chèque alimentaire" promis par Emmanuel Macron fin 2020 patine. Destiné à aider les plus modestes à acheter des produits bio et locaux, il n'arrivera pas avant 2023, a prévenu le ministre du Budget Gabriel Attal la semaine dernière, évoquant des difficultés techniques pour le mettre en œuvre.

L'occasion de se demander si d'autres pays disposent de dispositifs similaires. Nul besoin de chercher bien loin: nos voisins Belges règlent depuis plus de 10 ans certains achats avec des "écochèques".

Le gouvernement fédéral n'en est pas à l'origine. Les écochèques fonctionnent comme les tickets restaurants: ce sont les entreprises qui les distribuent. Ces chèques ont été inclus en février 2009 à la Convention collective du travail.

Seuls les salariés du privé sont éligibles

Il s'agit d'un avantage octroyé par un employeur à ses salariés, dans la la limite de 250 euros par an et de 10 euros par chèque. A noter, seuls les travailleurs du privé y sont éligibles. Trois sociétés les émettent: Edenred, Monizze et Sodexo.

Ces écochèques sont dédiés à l'achat de produits et services à caractère écologique. Contrairement au dispositif dans les tiroirs du gouvernement français, qui ciblerait les produits alimentaires, les écochèques donnent accès à un panel d'articles très variés. Lave-linge, vélo, nuit d'hôtel, compost...

Une liste régulièrement mise à jour les recense. Ils sont rassemblés en quatre catégories:

  • Produits et services écologiques: appareils électriques peu énergivores comme les lave-vaisselle, les lave-linge de classe énergétique A et plus globalement tous les appareils électriques de A+ à A+++. Les produits alimentaires labellisés comme issus de l'agriculture biologique, des produits cosmétiques, d'hygiène et de soins bio, des produits textiles...
  • Mobilités et loisirs durables: tous les vélos, scooters électriques et accessoires, les cours d'éco-conduite et les abonnements pour les bornes de recharge de véhicules électriques. Les produits relatifs au jardinage durable (arbres, plantes, produits bio). Il est aussi possible de s'offrir un séjour dans une infrastructure touristique belge disposant du label Clé verte.
  • Réutilisation, recyclage et prévention des déchets: achats de seconde main, de produits recyclés ou composés de matériaux recyclés, de produits destinés à la réutilisation ou au compostage...
  • Circuit court: produits agricoles et horticoles vendus en circuit court.

La France patine

L'écochèque belge a inspiré le think tank de gauche Terra Nova. Fin 2020, l'organisme propose un "chèque vert" de 300 euros, versé aux ménages modestes, dédié à l'achat de biens et services bénéfiques pour l'environnement. Un dispositif co-financé par l'État et les entreprises.

"Nous avions l'idée d'une sorte de portefeuille numérique, accessible via une application, avec un fonctionnement similaire à celui du pass culture. On aurait pu également y intégrer des conseils", commente Baptiste Perrissin Fabert, économiste et co-auteur de la note sur le chèque vert.

Thierry Pech, directeur général de Terra Nova était aussi co-président de la Convention citoyenne pour le climat. Une assemblée de 150 citoyens constituée fin 2019 sur demande du Premier ministre pour définir des mesures structurantes pour "réduire les émissions de gaz à effet de serre".

Parmi les 146 propositions soumises fin juin, le fameux chèque alimentaire. Le but: aider les plus modestes à acheter des produits bio en supermarché ou auprès de producteurs locaux.

Fin 2020, Emmanuel Macron promet de mettre en oeuvre cette proposition. Mais le contexte a beaucoup changé en un an et demi. L'inflation galopante pousse le gouvernement à se demander si la priorité n'est pas d'aider, dans un premier temps, les plus pauvres à se nourrir, et non à manger bio. Une aide inflation de 100 à 150 euros sera versée en ce sens à la rentrée de septembre. Les conditions d'éligibilité n'ont pas encore été précisées. Pour le chèque alimentaire, il faudra donc attendre.