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Delphine Gény-Stephann : « Mon marqueur, c’est le résultat »

BFM Business Pauline TATTEVIN
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Le projet de loi PACTE est examiné en ce moment en Commission spéciale à l’Assemblée nationale. Depuis près d’un an, il est porté par la secrétaire d’Etat Delphine Gény-Stephann, avec le ministre l’Economie, Bruno Le Maire. En plein marathon, elle nous a reçus à Bercy. Portrait.

La plupart des Français ne savent pas qui elle est et ils écorchent son nom. Depuis son arrivée au gouvernement il y a près d’un an, Delphine Gény-Stephann (prononcer « stéphane ») évolue dans l’ombre de Bruno Le Maire, son ministre de tutelle. Pourtant, elle porte avec lui l’un des projets-phares de l’exécutif : le projet de loi PACTE, qui vise à faire grandir et à transformer les entreprises françaises et qui est disséqué depuis cette fin de semaine à l’Assemblée nationale.

« Je ne suis pas venue au gouvernement dans une trajectoire personnelle », explique la secrétaire d’Etat, assise à sa table de travail de l’Hôtel des ministres, à Bercy. Son bureau est jonché de dossiers, sous un tableau de Jean-Charles de Castelbajac (offert à l’État après les attentats de 2015) et le traditionnel portrait du Président de la République. Le mot efficacité ponctue son discours. « Mon marqueur, insiste-elle, c’est d’avoir du résultat et de contribuer à quelque chose auquel je crois. »

Son profil « hybride », un atout

Formée à Polytechnique et aux Ponts et Chaussées, Delphine Gény-Stephann, bientôt cinquante ans, a d’abord passé dix ans au Ministère de l’Economie et des Finances, à la Direction générale du Trésor puis à l’Agence des participations de l’Etat.

Tentée par le monde de l’entreprise, elle a ensuite rejoint Saint-Gobain, où elle a gravi les échelons pendant douze ans, jusqu’au poste de directrice générale de l’entité grains céramiques et quartz, au sein du pôle matériaux innovants. C’est là qu’elle a été approchée par l’exécutif et qu’elle a décidé de le rejoindre : « En étant salariée, raconte-t-elle, je me suis rendue compte qu’on ne prenait pas suffisamment en compte les atouts de la France. »

Son profil « hybride », selon ses propres termes, est l’un de ses principaux atouts. Elle s’est rapidement adaptée à Bercy, qu’elle connaissait donc déjà, et elle a apporté de chez Saint-Gobain une expérience d’entreprise, un « regard » et une « légitimité », qui lui sont précieuses pour promouvoir la loi Pacte sur le terrain.

« Elle a une approche simple et plutôt straight to the point », dans laquelle « on se projette pas mal », explique le député La République en Marche, Stanislas Guérini, qui travaille avec elle sur la loi PACTE. Il poursuit : « Avec Bruno Le Maire, il n’y a aucun sujet de tension, aucune rivalité. Ils sont assez complémentaires. C’est un attelage pas mal ! »

En « mission » à Bercy

Aux côtés du ministre de l’Économie, Delphine Gény Stephann donne l’impression d’être en mission. « Quand on passe par le monde l’entreprise, explique-t-elle, on a un point de mire qui est la traduction en résultats, qu’attendent d’ailleurs les Français. » La secrétaire d’État compte donc aller au bout du projet de loi, jusque dans l’exécution et voir l’impact sur le terrain. « Cela va prendre du temps, dit-elle, et ce n’est pas quand le texte sera voté que j’aurais l’impression d’un aboutissement. » Et après ?

Après, Delphine Gény-Stephann assure qu’elle ne se projette pas, mais elle ne s’interdit pas de retourner vers le monde de l’entreprise, qu’elle ne pense pas avoir « quitté pour toujours ». Elle pourrait, pourquoi pas, être inspirée par des projets qu’elle rencontre à Bercy. Mais on l’a bien compris, ce sera seulement quand elle aura le sentiment du travail accompli.