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"Une figure éminente de l'édition littéraire française": Le monde culturel rend hommage à Irène Lindon, figure de l'édition française

BFM S.H. avec AFP
L'ancienne directrice des Editions de Minuit, Irène Lindon, le 14 juin 2005 à Paris.

L'ancienne directrice des Editions de Minuit, Irène Lindon, le 14 juin 2005 à Paris. - CATHERINE GUGELMAN / AFP

L'éditrice, à la tête des Éditions de Minuit de 2001 à 2021, est décédée dimanche 7 décembre à l'âge de 76 ans.

La ministre de la Culture Rachida Dati a salué mercredi la mémoire d'Irène Lindon, PDG des Éditions de Minuit de 2001 à 2021, décédée dimanche, qu'elle a présentée comme "une figure éminente de l'édition littéraire française".

Irène Lindon, décédée à 76 ans, était "une éditrice très engagée pour les auteurs qu'elle défendait", a réagi l'écrivain Laurent Mauvignier, qui a reçu le prix Goncourt pour La maison vide (Minuit) en novembre.

"Elle m'a appris à construire un roman, à retravailler la langue pour la muscler, et pour éviter au livre de sombrer dans une mollesse qui était, pour elle, la faute absolue", a ajouté le romancier, interrogé par Libération.

Irène Lindon avait succédé en 2001 à la tête des Éditions de Minuit à son père Jérôme Lindon, qui dirigeait depuis 1948 cette maison fondée dans la clandestinité pendant la guerre.

"Toute en discrétion mais d'une exceptionnelle ténacité, éditrice soucieuse de la forme et du roman, elle a fait basculer sa maison dans le XXIe siècle", a résumé Thomas Simonnet, l'actuel directeur de Minuit, qui fait désormais partie du groupe Madrigall (Gallimard).

Proche de Marguerite Duras, Irène Lindon a été "la première lectrice de L'amant, le prix Goncourt 1984, a-t-il rappelé.

Ont également été édités chez Minuit Nathalie Sarraute, Samuel Beckett et Claude Simon, prix Nobel 1985, ainsi que Jean Echenoz ou Marie NDiaye plus récemment.

Irène Lindon "reste une incarnation de cette génération d'éditeurs pour qui la littérature est une vocation", a souligné Rachida Dati dans son communiqué.