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Nice: violente passe d'armes entre Éric Ciotti et Christian Estrosi sur la gestion de la métropole

BFM Côte d’Azur Thibault Nadal
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Pour éviter de toucher le portefeuille des usagers, Éric Ciotti a demandé à Christian Estrosi de faire "des économies sur le train de vie de la municipalité et de la Métropole".

Nouvel épisode dans la rivalité des deux meilleurs ennemis des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti et Christian Estrosi. Dans un courrier, le député des Alpes-Maritimes et nouveau président des Républicains, a demandé au maire de Nice de ne pas augmenter le tarif des transports dans la métropole niçoise pour préserver "le pouvoir d’achat de nos concitoyens", qui selon lui a été "mis à mal par la politique de votre majorité gouvernementale."

Un "énième courrier" a souligné, Christian Estrosi, dans une réponse publiée également sur Twitter avec, en copie, sa lettre adressée au député. Il qualifie même les mots employés par Eric Ciotti d'une "prose virulente" et d'une lettre qui "transpire la haine".

Une dette de 2,5 milliards d'euros

Dans son courrier, Éric Ciotti regrette "profondément ces décisions, d’autant qu’elles s’accompagnent d’une dégradation des services de transport avec la fermeture annoncée de plusieurs lignes".

Début décembre, les Niçois ont appris l'augmentation des tickets à l'unité, passant de 1,50 à 1,70 euro, la hausse de 10,4% de l'abonnement annuel (de 326 à 360 euros) et la hausse des abonnements et des billets unitaires Zou en 2023. Dernièrement, la mairie a également indiqué mettre fin à la gratuité des transports le week-end pour les 18-25 ans.

"Ces augmentations visent en réalité à tenter, dans une forme d’affolement, d’éviter la mise sous tutelle de la Métropole dont la situation financière se situe en zone d’alerte", écrit Éric Ciotti à Christian Estrosi.

Le député des Alpes-Maritimes affirme que la ville et la métropole de Nice sont endettées à hauteur de "2,5 milliards" d'euros. Des chiffres qui ne "sont pas comparables sauf à être méthodiquement malhonnête", répond le président de la métropole.

Christian Estrosi se défend

La dette de la métropole "intègre, à la différence de la plupart des autres grandes villes de France, les investissements réalisés en matière de transports", précise Christian Estrosi dans sa lettre.

À ces arguments, Christian Estrosi rappelle également qu'en 2012, Eric Ciotti, alors à la tête du conseil départemental des Alpes-Maritimes, a mis fin à la "contribution annuelle de 5,83 millions d'euros que l'institution [...] versait à notre régie des transports".

Dans son courrier, Christian Estrosi rappelle également que les tarifs des transports en commun ont été maintenu au même niveau "pendant plus de 10 ans, en dépit d'une inflation d'abord contenue et aujourd'hui particulièrement forte". La nouvelle politique tarifaire "maintiendra le réseau de transports de Nice aux tarifs parmi les plus bas de France".

Pour éviter de "frapper le contribuable très lourdement", Éric Ciotti propose à Christian Estrosi de mettre un terme à "plusieurs projets délirants", comme "la destruction du Palais Acropolis" ou "le téléphérique vers Saint-Laurent-du-Var".

Mais le Président des Républicains ne s'arrête pas là et demande au maire de Nice de faire "des économies sur le train de vie de la municipalité et de la Métropole". Il propose ainsi à Christian Estrosi de "fermer son bureau parisien", de "supprimer son véhicule de fonction avec chauffeur et gyrophare à Paris", de mettre fin à "une multitude de voyages dont l’utilité reste à démontrer" et enfin de réduire les "dépenses dans les restaurants de luxe".

Des "dérives" qui doivent selon Éric Ciotti "permettre de renoncer à ces injustes augmentations des charges de transport des Niçois et notamment des plus modestes".

Une "haine"

À ces différentes accusations, Christian Estrosi met également en cause les pratiques d'Éric Ciotti: "Alors que tu tentes, par contraste, de t'ériger en parangon de la vertu [...] tu foules quotidiennement au pied la loi relative au non-cumul des mandats." Il cite ainsi le "cabinet parallèle" dont "dispose quotidiennement" Éric Ciotti, selon la lettre de Christian Estrosi.

"À titre conclusif, j'aurais pu t'inviter à te contenir, contenir ta haine et à contenir l'acide qui coule de ta plume, ajoute Christian Estrosi. Mais je ne te ressemble pas. Je ne ressens aucune haine."