"Je fais tout avec amour": maître kebabiste, Margaret régale les Manosquins depuis 9 ans

À midi, Margaret Khedhir est en plein rush. Comme chaque jour, et encore plus en période de rentrée scolaire, son carnet de commandes déborde.
Depuis neuf ans, la professionnelle de 56 ans régale les estomacs manosquins, mais pas que: certains viennent de loin pour déguster ses kebabs à "L'Oasis Gourmand".
Son secret est simple : "Je fais tout avec amour et beaucoup de choses sont faites maison", assure-t-elle.
"Elle nous connaît bien"
Chaque midi, ce sont en moyenne une cinquantaine de clients qui se pressent à son comptoir. Au moment de partir, ce vendredi, certains viennent la féliciter, d'autres vont la regretter.
"Vous allez nous manquer", lui confient deux ouvriers dont le chantier les a amenés à venir manger ici tous les midis depuis quelques semaines. D'autres clients en terrasse, des habitués comme Simon, parlent de "L'Oasis Gourmand" avec passion.
Mais c'est surtout de Margaret dont ils font l'éloge: "Elle nous connaît bien et est adorable". Sans oublier que les kebabs "sont super bons".

Issue de la restauration
Issue d'une famille travaillant dans la restauration, Margaret Khedhir a elle-même commencé en boulangerie avant d'être licenciée pour des problèmes de santé. Le déclic s'est alors produit, et elle a décidé d'ouvrir son snack.
"C'est quelque chose qui fonctionnait bien sur le marché à ce moment-là. Dans la famille, on a toujours été dans la bouffe entre guillemets. Mes parents étaient boulangers-pâtissiers et mon frère est restaurateur. J'avais envie de faire mes propres sandwichs avec ma propre imagination et sans contrainte", explique-t-elle.
Pour la gérante, pas question de travailler ailleurs qu'à Manosque. "Ce sont mes racines ici, souligne-t-elle. J'ai passé mon enfance à Sainte-Tulle et j'ai fait ma scolarité à Manosque."
L'une des seules femmes maître kebabiste
Avant d'acquérir une clientèle fidèle, Margaret a dû se faire une place dans ce milieu masculin. Dans son établissement, elle affiche fièrement son titre de maître kebabiste, près de sa broche.

La professionnelle a même reçu une lettre de Renaud Muselier, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Après la parution d'un article dans les médias, l'élu la félicitait pour son travail. "J'ai été surprise", confie l'intéressée modestement.
Au début de son activité, certains clients ne voulaient pas se faire servir, sous prétexte qu'il n'y avait pas d'homme derrière le grill. Mais aujourd'hui, son travail est largement reconnu. La restauratrice a su dépasser les remarques et les commandes lui sont désormais passées dès 9 heures du matin.
Les journées sont longues et le service intense. Elle gère tout, seule, mais elle aime son travail. "Ici, c'est bonne humeur et sourire obligatoire".













