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Crash de l'A320 de la Germanwings: un souvenir toujours aussi vif dans la mémoire des habitants

BFM DICI Orlane Edouard
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En mars 2015, l'Airbus A320 de la compagnie Germanwings s'est écrasé sur le massif des Trois-Évêchés dans les Alpes-de-Haute-Provence. 150 personnes sont mortes, dont le copilote de l'avion qui a décidé de se suicider.

Au village du Vernet, ce lundi matin 24 mars, ils sont nombreux à être venus rendre hommage aux 150 victimes du crash de l'Airbus A320 de Germanwings, à l'occasion d'une cérémonie commémorative.

Dix ans jour pour jour après le drame, les souvenirs sont toujours aussi vifs pour les habitants des Alpes-de-Haute-Provence. Le 24 mars 2015 Andreas Lubitz, copilote de l'A320 qui devait relier Barcelone à Düsseldorf en Allemagne, a décidé de se suicider, emportant 149 passagers avec lui dans la mort.

Sous les coups de 10h40, alors que l'avion disparaît des radars, le général Christophe Brocher, ex-commandant du groupement de gendarmerie du 04, est alerté. "Très rapidement, il a fallu réagir", explique-t-il à BFM DICI Alpes du sud. S'engage alors une course contre la montre pour les trois compagnies de gendarmerie des Alpes-de-Haute-Provence et la vallée toute entière mobilisée.

Une course contre la montre

Dès les premières 24 heures le périmètre de recherche est sécurisé. "Au début, on ne savait pas du tout ce qui allait se passer", poursuit le général Christophe Brocher.

Vers 11h07, l'hélicoptère du Peloton de Gendarmerie de Haute montagne (PGHM) parvient finalement à localiser l'appareil, ou du moins ce qu'il en reste. L'avion a fini sa course sur les flancs du massif des Trois-Évêchés à proximité du village du Vernet.

"Là, on comprend qu'il n'y aura pas de survivants", se remémore Christophe Brocher, informé au même moment par radio par la PGHM.

Une heure et demie plus tard, l'ex-commandant est dépêché sur place. "L'avion était dans un état de délabrement complet", se souvient-il. Des débris ont été ventilés sur 2km² par la violence de l'impact.

Rapidement, les équipes de gendarmerie et les secours s'activent pour interdire la zone au public et retrouver les corps des passagers. Si la première boîte noire regroupant les conversations vocales est retrouvée le jour même, celle répertoriant les données du vol ne sera retrouvée qu'une semaine plus tard.

Mobilisation citoyenne

En ce mois de mars 2015, c'est toute la vallée de la Blanche qui s'est organisée pour accueillir les familles et les proches des 150 victimes. À Seyne, une cellule de crise ainsi qu'une chapelle ardente ont mises en place par la municipalité de la ville pour permettre à chacun de se recueillir.

"Le but était d'apporter le plus vite possible toute cette empathie, cette compassion et ce soutien qu'on pouvait apporter à ces familles", raconte Francis Hermitte, ancien maire de Seyne.

"Chacun a tous les niveaux à jouer son rôle et exercer sa mission", poursuit l'ancien édile. Prêter main forte aux familles des victimes est apparu comme une évidence pour les habitants de la ville.

"S'il y a des gens dans la détresse, qui ne trouvent pas de logement", explique un habitant de Seyne à l'époque, "je leur offre le gîte et le couvert. Parce que j'ai de la peine, j'ai beaucoup de peine. Comme tout le monde je crois".

Dix ans plus tard, ce lundi 24 mars 2025, des gerbes ont été déposés par le préfet des Alpes de Haute-Provence Marc Chappuis, le maire du Vernet François Balique et des proches des victimes au cimetière du Vernet.